Corridor Québec-Windsor - Seul un TGV serait viable, juge Bombardier

Selon le président de Bombardier Transport pour l’Amérique du Nord, Raymond Bachant, les systèmes ferroviaires autres que le TGV ne seraient pas assez compétitifs avec l’avion.
Photo: Agence France-Presse (photo) Sam Yeh Selon le président de Bombardier Transport pour l’Amérique du Nord, Raymond Bachant, les systèmes ferroviaires autres que le TGV ne seraient pas assez compétitifs avec l’avion.

Québec — Selon le président de Bombardier Transport pour l'Amérique du Nord, Raymond Bachant, seul un projet de TGV serait viable pour la desserte Québec-Montréal-Toronto-Windsor, et ce, sans arrêts dans d'autres villes.

«Si on veut un projet pour relier ces villes, il faut aller avec le train à grande vitesse et avec des infrastructures nouvelles. Ça prend des voies dédiées; on ne peut pas partager les voies avec le transport de marchandises», a déclaré M. Bachant hier à Québec.

«Parce que si vous n'êtes pas capables de réaliser [le trajet] dans un temps adéquat, vous n'aurez pas assez de fréquences d'utilisation et les gens vont continuer à prendre l'avion», a-t-il ajouté.

Dans le passé, on a souvent envisagé de miser plutôt sur un train rapide pour réduire les coûts et mettre à profit des voies ferroviaires déjà existantes. C'est notamment ce que défendait l'ancien patron de Via Rail et chef de cabinet de Jean Chrétien, Jean Pelletier, dans un livre publié peu de temps après son décès l'an dernier. Comme l'a fait remarquer M. Bachant lui-même, on était passé alors très près de réaliser un train rapide, Jean Chrétien ayant donné le feu vert au projet. Une décision qui avait été annulée à l'arrivée au pouvoir de Paul Martin.

Le dirigeant de Bombardier Transport affirmait hier devant la Chambre de commerce de Québec que «plus que jamais le climat [était] favorable aux trains». «Imaginez Québec-Montréal en une heure dix», faisait-il miroiter.

M. Bachant a également laissé entendre qu'il n'y avait pas de place dans un tel projet pour des escales dans d'autres villes. «Il faut qu'il y ait très peu de stations; sinon, il n'y aurait pas assez de réductions de temps. Il ne devrait pas y avoir d'arrêt dans les villes intermédiaires.» Pas de place donc pour des villes comme Trois-Rivières et Drummondville, qui s'étaient montrées intéressées par le projet. Nulle mention non plus des villes de London et de Laval, qui se sont pourtant engagées dans la mise à jour des études sur les projets de TGV qui doit être rendue publique en mars.

Sans chiffrer les investissements requis par une telle aventure, M. Bachant a reconnu hier qu'il allait d'abord falloir établir «comment on va financer ça». À titre indicatif, on estimait en 2002 le projet de TGV à 18,3 milliards de dollars contre 2,6 milliards pour le projet de Jean Pelletier l'année suivante.

Par ailleurs, le dirigeant de Bombardier ne s'inquiète pas outre mesure de la tiédeur affichée par le gouvernement Harper devant de tels projets. Selon lui, à partir du moment où les villes et les provinces sont engagées dans le projet et que ce dernier est «viable» et «fait du sens» [sic], «c'est sûr que le gouvernement fédéral va y participer, d'ailleurs, on le voit un peu partout dans les projets, que ce soit à Toronto ou ailleurs», a-t-il dit.

Devant les leaders économiques de la capitale, M. Bachant s'est enthousiasmé pour les investissements de 8 milliards $US de l'administration Obama dans les projets de train à grande vitesse.

En plus d'attendre la conclusion du contrat pour le métro de Montréal, l'entreprise de La Pocatière espère obtenir un contrat important de la New Jersey Transit pour 100 voitures multiniveaux et 79 options, contrat qui, à lui seul, assurerait du travail aux employés de l'usine pendant un an et demi.

Selon des données présentées hier, seulement 10 % des revenus de Bombardier Transport en 2009 provenaient de l'Amérique du Nord contre 73 % qui provenaient de l'Europe.
2 commentaires
  • mhglrnu@gmail.com - Inscrit 24 février 2010 16 h 16

    TGV

    Oui à un TGV mais pas est ouest mais nord sud.Comme Bombardier le Quebec fait des affaires au sud .

  • Fernand Trudel - Inscrit 4 février 2011 19 h 33

    Oui au Québec au monorail vs le TGV

    Le TGV ne sera efficace que s'il ne fait pas d'escale. Ceci veut dire que la région de Trois-Rivières ne serait pas desservi.

    Par contre le Monorail Trens-Québec peut faire un arrêt dans cette région et repartir sans trop de retard à cause de la vitesse d'accélération des moteurs-roues inventés par le Dr Pierre Couture dont il sera équipé.

    Avons nous besoin d'un TGV qui fuit le Québec ou d'un service pour le Québec ? Voilà la question...