Causes de la crise budgétaire - Le Parlement grec veut créer une commission d'enquête

Athènes — Pendant que les Européens resserraient le corset budgétaire autour de la Grèce, le Parlement grec a annoncé vouloir créer une commission d'enquête chargée de trouver les raisons qui ont conduit aux difficultés budgétaires du pays, selon les députés du Parti socialiste (Pasok) au pouvoir.

«Nous allons demander à cette commission d'enquête de voir quelles sont les décisions politiques qui ont conduit à l'explosion de l'endettement et au creusement des déficits», a dit Christos Papoutsis, porte-parole du groupe socialiste. Le gouvernement socialiste au pouvoir depuis octobre avait rapidement révélé que le déficit de la Grèce allait atteindre 12,7 % du PIB en 2009, plus de deux fois la prévision du gouvernement conservateur précédent.

Pendant ce temps, les ministres des Finances européens ont accentué hier leur pression sur la Grèce afin qu'elle réduise ses déficits, renforçant la surveillance budgétaire dont ils ont entouré le pays. Les grands argentiers de l'UE ont demandé à la Grèce, comme l'avaient fait lundi ceux de la seule zone euro, d'annoncer des «mesures supplémentaires» d'économies «d'ici au 16 mars», si elles devaient s'avérer nécessaires, pour atteindre son objectif de réduction du déficit de 4 % du PIB en 2010. La Grèce doit présenter pour cette date un premier rapport sur la mise en place du plan d'économies destiné à réduire ses énormes déficits

Les nouvelles mesures pourraient inclure des baisses de dépenses et des augmentations de recettes, comme une hausse de la TVA et des taxes supplémentaires sur les produits de luxe, avait détaillé lundi le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Le gouvernement grec a déjà annoncé toute une série de mesures d'austérité dans son «programme de stabilité», qui détaille comment il entend réduire son déficit sur la période 2010-2013. Ce plan avait été accepté par la Commission européenne début février. Les ministres des Finances de l'UE l'ont entériné à leur tour hier.

Ils ont «demandé à la Grèce de corriger son déficit public d'ici 2012», c'est-à-dire de le ramener d'ici là sous 3 % du PIB, comme le gouvernement grec s'y est engagé. Pour cela, les économies réalisées par la Grèce seront étroitement contrôlées par la Commission européenne, en liaison avec la Banque centrale européenne (BCE) et en s'appuyant sur l'expertise technique du Fonds monétaire international.

«La Commission sera à Athènes dans les prochains jours cette semaine ou la semaine prochaine, avec des experts de la BCE et des délégués du FMI pour vérifier la mise en place» du plan, a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. «Nous pouvons aider la Grèce à faire face à cette période difficile, à condition que la Grèce veuille s'aider elle-même par des actions déterminées», a-t-il ajouté.

Les ministres des Finances de l'UE ont par ailleurs réaffirmé le soutien politique à la Grèce manifesté la semaine dernière par les dirigeants européens.

Mais ils n'ont pas donné de détails sur un éventuel plan de soutien. Au cas où la Grèce aurait besoin d'une aide financière, la Commission européenne est «prête» à «mettre en place un cadre pour coordonner ces actions», s'est contenté de dire M. Rehn. «Si une telle situation se présente, nous avons les moyens financiers de sauvegarder la stabilité dans la zone euro», a-t-il ajouté.

Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a «salué» pour sa part «la détermination de la zone euro à mener une action coordonnée si besoin».