L'incertitude plane sur un parc éolien de la Gaspésie

Le parc de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, en Gaspésie, représente 10 % du premier appel d’offres lancé par Hydro-Québec pour la mise en production de huit parcs éoliens.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le parc de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, en Gaspésie, représente 10 % du premier appel d’offres lancé par Hydro-Québec pour la mise en production de huit parcs éoliens.

Un parc éolien de 100,5 mégawatts qui doit entrer en production avant le 31 décembre 2010 en Gaspésie suscite des interrogations, car le promoteur torontois Northland Power et le fabricant AAER, de Bromont, ont subitement mis fin à leur entente conditionnelle.

Le parc de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, situé sur la crête nord de la péninsule gaspésienne, représente 10 % du premier appel d'offres lancé par Hydro-Québec qui prévoit la mise en production de huit parcs éoliens de 2006 à 2012 par des promoteurs privés, dont Northland Power. Un mégawatt alimente de 200 à 300 maisons.

AAER a indiqué hier qu'il n'a toujours pas reçu le feu vert de la part de Northland pour fabriquer les 61 éoliennes. Selon la direction, le projet de Northland «n'est pas financé actuellement» et celle-ci discute encore avec ses bailleurs de fonds et avec Investissement Québec (IQ).

«On ne peut pas prétendre être capable de livrer ce projet-là en 2010», a dit lors d'un entretien le chef de la direction financière d'AAER, Éric Phaneuf. Il y a deux mois, le projet était toujours réalisable. «On est de taille modeste, on n'a pas 50 turbines en stock, prêtes à être livrées. [...] Mais on devait avoir une réponse l'été dernier.»

Pour AAER, le retrait du contrat de Mont-Louis survient trois mois et demi après la mise à pied de 34 employés dans le but de préserver ses ressources financières. Certains sont de retour. Actuellement, la société, qui doit livrer trois éoliennes à l'État du Massachusetts dans les prochains mois, en compte 45. «Avec le retrait du contrat de Northland, on ne s'attend pas à réembaucher tout le monde», a dit M. Phaneuf.

Une éolienne compte 4000 composantes et certaines exigent un temps de livraison assez long, a dit M. Phaneuf. Il aurait été impossible de faire l'assemblage à temps sans encourir de pénalités, ce qui aurait annulé la rentabilité du projet pour AAER, a-t-il ajouté. Le contrat avait le potentiel de générer 120 millions en revenus pour la compagnie.

Un porte-parole de Northland Power a refusé de commenter, se limitant à confirmer la rupture et la recherche d'un nouveau fournisseur. Plusieurs acteurs convenaient hier que si Northland discute avec ses bailleurs de fonds, le contexte qui prévaut dans l'univers du prêt commercial demeure difficile.

Aide financière

Une porte-parole d'IQ a confirmé que Northland lui a demandé de l'aide financière. Selon Josée Béland, IQ a répondu en transmettant une lettre d'intérêt le 1er février, mais attend toujours une réponse. Le projet tel que présenté est de 205 millions. L'aide d'IQ serait toutefois conditionnelle à ce qu'il y ait un établissement financier dans le montage et que l'entreprise injecte de ses propres fonds.

Si Northland Power n'arrivait pas à mettre son parc en production pour décembre 2010, comme le stipule le contrat d'approvisionnement qui la lie à Hydro-Québec, elle s'expose à des pénalités pouvant atteindre, au maximum, 2 millions.

«On n'en est pas là, a dit un porte-parole de la société d'État, Louis-Olivier Batty. Ça fait partie des projets retenus à l'issue des appels d'offres, et on souhaite leur réalisation. C'est à Northland Power de se trouver un fabricant.»

Parmi les fabricants capables de décrocher un tel contrat de fabrication figurent des noms comme General Electric (GE Wind) et la société allemande Enercon.