La Grèce sous surveillance accrue

Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, s’est dit opposé à annoncer dans l’immédiat de nouvelles mesures d’économies, estimant que ce «serait un mauvais signal, même pour les marchés». Ci-dessus, le parlement grec.
Photo: Agence France-Presse (photo) Louisa Gouliamaki Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, s’est dit opposé à annoncer dans l’immédiat de nouvelles mesures d’économies, estimant que ce «serait un mauvais signal, même pour les marchés». Ci-dessus, le parlement grec.

Bruxelles — Les ministres des Finances de la zone euro, réunis hier à Bruxelles, devaient s'efforcer de rassurer quant à leur soutien à la Grèce et à la mise sous surveillance de ce pays, que certains appellent d'ores et déjà à prendre des mesures d'économies supplémentaires.

Les grands argentiers des seize pays de la zone euro doivent préparer les travaux des ministres des Finances de l'ensemble de l'Union européenne (UE), qui vont entériner aujourd'hui une série de mesures exceptionnelles pour remettre le pays sur les rails.

Il s'agit, sur la base de recommandations de la Commission européenne, de mettre la Grèce sous une surveillance budgétaire d'ampleur inédite, afin de s'assurer qu'elle prendra les mesures qui s'imposent pour ramener comme promis en 2012 le déficit public sous 3 % du PIB. Il s'élevait à 12,7 % l'an dernier, selon les dernières estimations.

La Grèce devra aussi se préparer à adopter des mesures supplémentaires le cas échéant. Mais certaines voix s'élèvent pour lui demander d'en annoncer dès maintenant.

«Les risques [...] se matérialisent et c'est pourquoi il y a clairement besoin de mesures additionnelles», a déclaré le nouveau commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, en arrivant à la réunion. «Nous allons [...] discuter des mesures supplémentaires qui vont être préparées en accord avec la Commission européenne, la BCE [Banque centrale européenne] et le FMI», a aussi indiqué le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Selon le quotidien allemand Handelsblatt d'hier, la BCE a demandé aux ministres des Finances européens de durcir leurs exigences à l'égard de la Grèce, mais la majorité d'entre eux y serait opposée. Selon le journal, qui cite un document qui sera discuté par les ministres, il s'agirait de demander au gouvernement grec de prendre des mesures de consolidation «supplémentaires», avec notamment «plus de coupes budgétaires», une augmentation de la TVA ainsi qu'une taxation plus forte sur les produits de luxe et l'énergie.

«La BCE insiste là-dessus. Il y a d'autres pays qui insistent là-dessus. Il est clair qu'une partie de la discussion se fera autour de ce point. Mais il faudra aussi voir ce que disent les Grecs», a indiqué à l'AFP une source européenne.

Le principal intéressé, le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, s'est dit opposé à annoncer dans l'immédiat de nouvelles mesures d'économies, estimant que ce «serait un mauvais signal, même pour les marchés». Le gouvernement grec, qui a déjà annoncé un vaste plan d'économies, veut attendre d'abord le résultat d'un premier bilan d'étape sur son programme, prévu mi-mars, avant d'annoncer toute mesure supplémentaire, a-t-il expliqué.

Il a par ailleurs estimé qu'un soutien «plus explicite» des Européens, qui «rende opérationnel ce qui a été décidé» par les dirigeants de l'UE la semaine dernière, serait plus utile que des mesures supplémentaires pour faire face aux «attaques des marchés».

Les dirigeants européens ont promis jeudi de mener si besoin des actions «coordonnées» pour aider les Grecs, mais aucune mesure concrète de soutien financier n'a été annoncée.

Les ministres des Finances de la zone euro ne devaient pas faire l'économie hier soir d'une discussion sur les modalités d'un éventuel plan d'aide à la Grèce en cas de besoin.

Selon une source européenne, les ministres pourraient faire une annonce sur le sujet «s'ils font l'analyse ce soir [hier soir] ou demain [aujourd'hui] qu'un message serait opportun», mais une telle annonce reste encore incertaine.