Banque Laurentienne - Vote symbolique sur le salaire des dirigeants

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Les actionnaires de la Banque Laurentienne auront à se prononcer sur la rémunération offerte aux hauts dirigeants de l'institution. Ce vote, qui se veut une première, n'est toutefois que consultatif. Il fait suite à l'appui massif à une proposition en ce sens présentée l'an dernier par le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC).

La Banque Laurentienne a annoncé hier l'envoi à ses actionnaires de son avis d'assemblée annuelle, fixée au 16 mars, ainsi que de sa circulaire de sollicitation de procurations de la direction. On y observe notamment que les actionnaires auront, pour la première fois, à voter sur la politique de rémunération de la Banque. On parle d'un vote consultatif, «sur l'approche en matière de rémunération des membres de la haute direction visés», a pris soin de préciser l'institution.

Cette proposition avait reçu un fort appui lors de l'assemblée des actionnaires de mars 2009. Présentée par le MEDAC, elle avait été accueillie favorablement par 66,5 % des voix exprimées, soit le plus fort pourcentage de l'ensemble des banques canadiennes. On parlait cependant d'une victoire partielle du MEDAC. Le vote se veut toutefois non contraignant, contrairement à ce que stipulait la proposition soumise en ce sens.

Des propositions sur le sujet de la politique de rémunération des hauts dirigeants avaient également été adoptées aux assemblées des banques Nationale, CIBC et Royale.

Intérêts convergents

Dans sa circulaire, la Laurentienne donne les détails des programmes de rémunération offerts à ses hauts dirigeants et des objectifs poursuivis. L'institution insiste sur l'alignement des intérêts de la haute direction avec ceux des actionnaires, sur la transparence et sur l'importance d'attirer et de retenir des membres de la haute direction compétents. Elle souhaite «une rémunération compétitive liée à la performance de la Banque», dans le respect des principes de gestion de rémunération en matière d'équité interne, externe et individuelle.

«Par ailleurs, une partie significative de la rémunération des membres de la haute direction est liée aux performances futures de l'entreprise, selon des objectifs préétablis par le conseil d'administration. Par exemple, 50 % de leur prime annuelle octroyée dans le cadre du programme de rémunération à court terme doit être convertie en unités d'actions restreintes. Ces unités d'actions simulent le cours de l'action de la Banque, de sorte que le dirigeant bénéficie de la hausse et est "impacté" par toute baisse de la même façon que les actionnaires», peut-on lire dans le communiqué.