Industrielle Alliance engrange des profits records

L'Industrielle Alliance, Assurance et services financiers a fait état hier d'un bénéfice net record pour son quatrième trimestre et en a profité pour annoncer des prévisions plus ambitieuses pour 2010.

«Nous devrions être fiers de nos résultats compte tenu du fait que l'année avait commencé avec une chute marquée et inquiétante des marchés boursiers», a déclaré le président et chef de la direction de l'institution de Québec, Yvon Charest, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers. «Sans aucun doute, nous avons connu notre meilleur trimestre depuis le début de la crise financière, s'est-il félicité. Les profits sont de retour à leur niveau d'avant la crise. Le rendement des capitaux propres est très fort et la croissance des affaires est de nouveau au rendez-vous.»

Au cours du trimestre qui a pris fin le 31 décembre, l'Industrielle Alliance a enregistré un bénéfice net de 67,4 millions (83 ¢ par action), comparativement à une perte nette de 110,2 millions (1,37 $ par action) il y a un an, alors qu'il avait fallu inscrire des provisions en raison de la baisse prononcée des marchés boursiers et des taux d'intérêt. Le rendement des capitaux propres a atteint 14,9 %, alors qu'il avait été de moins 25,8 % en 2008.

Forte de ces résultats, l'Industrielle Alliance a continué à renforcer sa solidité financière. Son ratio de solvabilité atteignait 208 % au 31 décembre, soit bien au-delà de la fourchette cible de 175 à 200 % qu'elle s'est fixée. Les marchés boursiers devraient plonger de 34 % par rapport à leur niveau de décembre pour que le ratio de solvabilité de l'institution recule à 175 %, et de 46 % pour qu'il atteigne

150 %, le premier seuil limite établi par les autorités réglementaires. L'entreprise s'est donc sentie à l'aise de promettre un bénéfice par action oscillant entre 2,75 et 3,25 $ en 2010, en hausse par rapport à la fourchette de 2,50 à 3 $ fixée pour 2009.

L'Industrielle Alliance a terminé la dernière année avec un bénéfice net de 205,8 millions (2,55 $ par action), en forte hausse par rapport aux 66,1 millions (82 ¢ par action) dégagés en 2008.

Autres

Pour sa part, la Société financière IGM a déclaré des profits de 113,7 millions, soit 43 ¢ par action, pour son quatrième trimestre terminé le 31 décembre. Il s'agit d'une hausse par rapport au bénéfice de 79,8 millions, soit 30 ¢ par action, réalisé durant la même période en 2008. Pour l'ensemble de 2009, les profits nets ont été de 559,1 millions, soit 2,12 $ par action, en baisse comparativement aux 730,8 millions, soit 2,76 $ par action, engrangés en 2008.

Jeudi Great-West Lifeco faisait état d'un bénéfice en baisse de 15 % pour son quatrième trimestre de l'exercice 2009, malgré une hausse de ses ventes au Canada, son principal marché. Le bénéfice net de l'entreprise de Winnipeg pour la période de trois mois terminée le 31 décembre a été de 443 millions, soit 47 ¢ par action, comparativement au bénéfice net de 525 millions, ou 59 ¢ par action, réalisé au quatrième trimestre de 2008.

Sur l'ensemble de l'exercice 2009, le bénéfice net de l'assureur a chuté à 1,63 milliard, soit

1,72 $ par action, comparativement aux profits de 2,02 milliards, ou 2,25 $ par action, rapportés au terme de l'exercice précédent. Les primes et dépôts de l'entreprise se sont élevés à 56,7 milliards l'an dernier, en baisse par rapport à ceux de 76,4 milliards de 2008.

À l'inverse, la Financière Sun Life a indiqué que le redressement de ses activités canadiennes lui avait permis de doubler son bénéfice net au quatrième trimestre, alors que l'assureur a redoublé d'ardeur pour se faire connaître davantage sur le lucratif marché américain. Le bénéfice net s'est élevé à 296 millions, soit 52 ¢ par action, au cours de la période de trois mois terminée le 31 décembre, en hausse comparativement au bénéfice net de 129 millions, ou 23 ¢ par action, réalisé lors du trimestre correspondant de l'exercice précédent.

Le bénéfice pour l'exercice 2009 complet s'est chiffré à 534 millions comparativement à

785 millions pour 2008, ou d e95 ¢ l'action contre 1,40 $. Ces résultats reflètent «la volatilité qui a perduré sur le marché pendant l'exercice, ce qui s'est notamment manifesté par des fluctuations importantes des marchés boursiers, des taux d'intérêt et des écarts de taux», a indiqué l'institution. Le bénéfice de 2008 comprenait le gain après impôts de 825 millions à la vente de CI Financial, «lequel a été plus que contrebalancé par l'incidence d'un recul marqué des marchés boursiers, l'augmentation des provisions découlant de l'abaissement des cotes de crédit du portefeuille de placement de la Compagnie, des pertes de valeur de l'actif, l'élargissement des écarts de taux et les modifications apportées aux hypothèses à l'égard des défauts de paiement en prévision de pertes futures liées au crédit plus élevées.»

Même constat pour la Société Financière Manuvie, qui a inscrit un bénéfice net de 868 millions (51 ¢ par action) au quatrième trimestre. Ce résultat constitue un sérieux renversement de situation pour l'assureur canadien, qui avait subi une importante perte lors de la même période un an plus tôt, alors qu'il avait souffert de la faiblesse des marchés boursiers.

L'assureur avait subi une perte nette de 1,87 milliard, ou 1,24 $ par action, lors du même trimestre un an plus tôt, alors qu'elle avait inscrit à ses résultats des charges de plus de 2,4 milliards sans effet sur la trésorerie liées aux garanties de ses fonds distincts.

Manuvie a attribué l'amélioration de ses résultats à la reprise opérée par les marchés boursiers ainsi qu'à la hausse des taux d'intérêt. Pour l'ensemble de l'exercice, le bénéfice a été de 1,4 milliard (82 ¢ l'action), contre 517 millions (32 ¢ par action) en 2008.

Dans la foulée le conseil d'administration de Manuvie a décidé de mettre sur pied des comités du conseil distincts chargés respectivement de la vérification et de la gestion des risques. «En raison de la volatilité accrue des marchés des capitaux depuis septembre 2008 et de l'évolution des risques que présente le contexte actuel, le conseil d'administration a l'intention de continuer à augmenter sa surveillance des risques», peut-on lire, dans le communiqué.

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Avec La Presse canadienne