Marchés boursiers - La Chine resserre encore son crédit

La Bourse de Toronto a clôturé hier en légère hausse, après que la Chine eut pris des mesures pour contenir sa croissance économique, ce qu'elle faisait pour la deuxième fois en autant de mois.

L'indice composé S&P/TSX a affiché un gain de 34,32 points pour terminer à 11 469,81 points, mais le dollar canadien a retraité de 5 centièmes à 95,08 ¢US.

La Chine a annoncé hier une hausse de son taux de réserve d'un demi-point de pourcentage, ce qui oblige les grandes banques à mettre de côté davantage de liquidités. En conséquence, les prêts bancaires deviennent plus difficiles à obtenir. Les inquiétudes de voir un nouveau ralentissement de l'économie chinoise amoindrir la demande pour les matières premières ont fait reculer le cours du pétrole brut de 1,15 $US à 74,13 $US le baril à la Bourse des matières premières de New York.

Les marchés new-yorkais ont été principalement en baisse hier, malgré la publication d'un rapport faisant état de meilleures ventes au détail que prévu en janvier. La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a cédé 45,05 points à 10 099,14 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq, à forte composante technologique, a gagné 6,12 points à 2183,53 points et que l'indice élargi S&P 500 a laissé 2,96 points à 1075,51 points.

New York à vif

La Bourse de New York, un peu ragaillardie, garde les nerfs à vif devant les difficultés budgétaires des pays de la zone euro, qui devraient rester en tête des préoccupations des investisseurs la semaine prochaine, réduite à quatre séances en raison d'un jour férié lundi. «Il nous semble que le marché reste dans une phase de correction, et qu'il faudra que les cours baissent encore pour raviver l'enthousiasme», estime Al Goldman, de Wells Fargo Advisors, dans une note.

Sur la semaine écoulée, particulièrement volatile, le Dow Jones a rebondi de 0,9 %, après quatre semaines d'affilée de baisse et une clôture lundi sous les 10 000 points, pour la première fois depuis le 4 novembre. Le Nasdaq a gagné 2 % et le Standard & Poor's 500, 0,9 %.

«La baisse était devenue excessive», estime Marc Pado, de Cantor Fitzgerald. «Beaucoup d'inquiétudes s'étaient accumulées concernant la dette de la Grèce, et des progrès ont été faits sur ce front, cela a aidé le marché à rebondir».

Pour autant, «ce n'est pas un problème qui s'évacue en une nuit. Dans ces circonstances, le marché va rester agité, avec une tendance à la baisse», prévient Marc Pado, pour qui «le premier vrai rebond devrait venir fin mars, quand on va commencer à se concentrer sur les résultats de sociétés du premier trimestre».

«L'ambiance sur le marché a changé depuis un mois», confirme Gina Martin, de Wells Fargo Securities. «Les indicateurs économiques sont de nature à soutenir le marché, mais il n'en profite pas. Ce qui compte, c'est plus ce qui se passe avec le dollar, ou à l'étranger, en Europe ou en Chine, et cela va probablement rester le cas pendant un moment».