«Si un rendement de 5 % fait le boulot» - Le REER devrait demeurer au coeur de la planification financière

Le titulaire doit mettre un terme à son REER durant l’année civile au cours de laquelle il atteint l’âge de 71 ans.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le titulaire doit mettre un terme à son REER durant l’année civile au cours de laquelle il atteint l’âge de 71 ans.

Le régime enregistré d'épargne-retraite (REER) demeure le point central, le coeur de la planification financière. Notamment pour la discipline d'épargne qu'il impose et la vision à long terme qu'il propose aux plus jeunes. La dernière crise n'a rien changé à ce positionnement, si ce n'est qu'elle a redonné ses lettres de noblesse aux portefeuilles «ennuyants».

«Je veux que les portefeuilles soient ennuyants. Du moins, cela vaut pour ce dont je suis responsable», a résumé François Chartier. Aux yeux du vice-président et conseiller en placements de la Financière Banque Nationale, la crise a eu pour effet de ramener la prise de risque à un niveau plus normal. Et les produits sophistiqués du type fonds alternatifs ont été transformés en une espèce en voie de disparition. «Si un rendement de 5 % fait le boulot et permet d'atteindre la cible visée, pourquoi rechercher davantage et encourir un risque additionnel?», donne-t-il en exemple.

Si François Chartier place le REER au coeur d'une démarche intégrée en finances personnelles, même (et surtout) pour les plus jeunes, il insiste sur les pièges créés par les facteurs psychologiques. Il pense au manque de diversification, les portefeuilles étant souvent trop concentrés. Il parle également d'un manque de patience, de discipline, qui amène encore l'investisseur à trop souvent acheter au sommet et à vendre au creux.

Les dettes étant remboursées...

Ces précisions étant faites, dans une démarche intégrée de planification financière, au premier rang doit figurer le remboursement de la dette liée à la consommation, tel le solde impayé d'une carte de crédit, parce que cette dette est très coûteuse et non déductible. Une fois que c'est fait, lorsqu'il y a un surplus, donc de l'épargne, que peut-on en faire?

1. La cotisation au REER devient la priorité. «Ça devient une épargne forcée, qui vient réduire la facture d'impôt. Et tout retrait devient contraignant, sans compter qu'il signifie un droit de cotisation perdu.»

2. Il faut s'assurer de faire ses versements hypothécaires de base et d'effectuer le remboursement minimal requis dans son REER si des sommes ont été retirées dans le cadre du Régime d'accession à la propriété (RAP). Les montants ainsi retirés doivent être retournés au REER sur une période de 15 ans. Tout remboursement dû et non effectué devient imposable.

3. Après la cotisation au REER, s'il reste un surplus et s'il y a de jeunes enfants, on peut penser à une contribution à un régime enregistré d'épargne-études (REEE). La contribution ne doit pas dépasser le maximum donnant droit à la Subvention canadienne pour l'épargne-études. Rien ne sert de mettre un sou non subventionné.

4. Par la suite, s'il y a toujours présence d'un surplus, on devrait donner la priorité à l'amortissement plus rapide de la dette hypothécaire, l'objectif étant d'atteindre l'âge de la retraite sans hypothèque.

5. Si tout indique que l'hypothèque sera remboursée avant l'âge de la retraite, vient alors le dilemme de transformer son surplus en une contribution au compte d'é-pargne libre d'impôt (CELI) ou en un versement additionnel pour son hypothèque. Ici, la décision s'appuie uniquement sur la différence entre le taux de rendement et le taux hypothécaire.

...arrive le FERR

Dans la foulée, François Chartier présente deux petits trucs. Il aborde notamment cette cotisation perdue à 71 ans. Le titulaire doit mettre un terme à son REER durant l'année civile au cours de laquelle il atteint l'âge de 71 ans. Mais, puisque la cotisation est calculée en fonction du revenu gagné durant l'année précédente, le spécialiste suggère de cotiser au maximum en décembre et de payer la pénalité de 1 % qui s'applique au-delà d'un excédent à vie de 2000 $. S'il cotise, disons, 22 000 $

et qu'il paie la pénalité sur

20 000 $, il déboursera 200 $ (1 % par mois) en impôt sur l'excédent, tout en convertissant le tout en FERR.

Et, lors du décaissement, s'il y a flexibilité, il faudra tenir compte du niveau de revenu avec, dans la mire, les modalités entourant le supplément de sécurité de vieillesse.