À propos du REER, du CELI, du REEE et autres régimes - Même si REER et CELI tentent de faire bon ménage...

REER, CELI, REEE... Dans un contexte de rareté de l'épargne, un choix doit forcément être fait, selon la priorité de chacun. Dans la hiérarchie optimale, le REER demeure au coeur de la stratégie de planification financière.

Manon Létourneau, conseillère et planificatrice financière à la Financière Banque Nationale (FBN), n'en démord pas. Le régime enregistré d'épargne-retraite (REER) demeure, ici, le fondement, la base de la planification financière. Ce rang est d'autant plus prioritaire lorsque la personne n'a pas accès à un régime de retraite complémentaire autre que les régimes publics.

Suit la cotisation à un régime enregistré d'épargne-études (REEE), s'il y a présence d'un enfant. L'attrait de ce véhicule vient du jeu des subventions offertes par le fédéral et, depuis peu, par Québec, auquel peut s'ajouter le bon d'études canadien, destiné aux familles à faible revenu.

Au troisième rang arrive le remboursement du prêt hypothécaire. La conseillère place donc le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) très loin dans sa liste. «Si le taux de l'hypothèque est de 4 ou 5 % et qu'on n'aspire qu'à un revenu d'intérêt de 2 ou 3 % dans le CELI, le remboursement accéléré de l'hypothèque devient très pertinent.»

Manon Létourneau n'est pas très entichée par le CELI. «Ce compte peut être utile, pour un fonds de secours par exemple. En fait, un REER et un CELI n'ont pas les mêmes objectifs.» La conseillère de la FBN aime bien la dimension «épargne forcée» conférée à un REER, qui peut limiter ou contenir le réflexe de retirer les fonds accumulés afin de couvrir une quelconque dépense. L'imposition des sommes retirées peut avoir un effet de dissuasion. Et même si un projet d'achat résidentiel est dans la mire, si les critères d'admissibilité sont respectés, «je préférerais le RAP», dit-elle.

REER ou CELI ?

On le voit, REER et CELI tentent encore de faire bon ménage, de cohabiter. Et ce, davantage dans un environnement de rareté de l'épargne. Voici les grandes lignes de chacun, inspirées d'un tableau fournit par BMO Groupe financier.

D'abord, retenons ce qui suit.

- Si le taux d'imposition est égal à l'entrée et à la sortie, on choisira indifféremment une cotisation au REER ou une contribution au CELI. Si, au moment du retrait, le taux d'imposition est moins élevé, le REER, qui est un régime d'étalement du revenu imposable, aura un avantage. À l'inverse, si le taux lors du retrait est plus élevé, le CELI l'emporte.

- Pour les retraités, toutes les sommes sorties du CELI ne modifieront en rien les prestations de sécurité de la vieillesse (et de supplément du revenu garanti). Quant aux montants retirés, parce qu'ils ne sont pas imposés, ils ne seront pas pris en compte dans le calcul du droit à des prestations ou à des crédits fondés sur le revenu.

- À noter que s'il y a présence d'un enfant et si le Régime enregistré d'épargne-études doit entrer dans l'équation, le fait qu'une contribution à ce régime est accompagnée d'une subvention rend ce véhicule plus avantageux, d'un point de vue économique, que le CELI. En supposant un taux d'intérêt de 5 %, un investissement de 2500 $ par année dans un CELI donne 33 017 $ après 10 ans. Ce montant serait plutôt de 42 922 $ si les 2500 $, augmentés de la subvention gouvernementale (20 % au fédéral et 10 % au provincial) de 750 $, avaient été dirigés vers un REEE, dans les mêmes conditions.

D'autres éléments doivent être pris en considération.

- Dans le cas du CELI, il n'est pas nécessaire d'avoir un revenu pour bénéficier des droits de cotisation de 5000 $ par année. Dans le cas du REER, on doit avoir un revenu afin de pouvoir bénéficier de droits de cotisation annuels.

- Les retraits d'un CELI sont à l'abri de l'impôt. Tout montant retiré est alors ajouté aux droits de cotisation pour l'année suivante, de façon à ce qu'on puisse de nouveau cotiser la somme qu'on a retirée. Les retraits d'un REER sont imposables l'année où le retrait est effectué, à l'exception des retraits effectués dans le cadre du Régime d'accession à la propriété (RAP) ou du Régime d'encouragement à l'éducation permanente (REEP), qui ne sont pas imposables à condition qu'ils soient remboursés dans les délais impartis. Les montants retirés ne peuvent être ajoutés aux droits de cotisation pour l'année suivante.

- Les cotisations à un CELI ne sont pas déductibles de l'impôt sur le revenu. Les cotisations à un REER sont déductibles de l'impôt sur le revenu.

- Il n'est pas obligatoire de convertir le CELI en un régime de paiement de revenu (par exemple un FERR ou une rente), peu importe l'âge. Les sommes accumulées dans un REER doivent être retirées en totalité ou transférées dans un FERR ou une rente, et ce, au plus tard à la fin de l'année où on atteint l'âge de 71 ans.