L'Europe soutiendra la Grèce en crise

Pendant que les politiciens s’entendaient pour venir en aide à la Grèce, les syndiqués de l’État ont pris la rue hier pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement grec, destinées à réduire l’écrasante dette publique du pays. «Je ne paierai pas», peut-on lire sur ces affiches.
Photo: Agence France-Presse (photo) Louisa Gouliamaki Pendant que les politiciens s’entendaient pour venir en aide à la Grèce, les syndiqués de l’État ont pris la rue hier pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement grec, destinées à réduire l’écrasante dette publique du pays. «Je ne paierai pas», peut-on lire sur ces affiches.

Bruxelles — La présidence espagnole de l'Union européenne (UE) a annoncé hier soir que les pays européens allaient apporter leur soutien à la Grèce pour l'aider à faire face à la crise budgétaire sans précédent qu'elle traverse et qui ébranle la zone euro.

«Il faut soutenir la Grèce, c'est clair. Et c'est l'Europe et l'Eurogroupe [le forum des ministres des Finances de la zone euro] qui vont le faire», a déclaré à Bruxelles le premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, qui assure la présidence tournante de l'UE.

Il s'exprimait à la veille d'un sommet des dirigeants des 27 pays de l'Union européenne consacré en grande partie aux difficultés de la Grèce, qui menacent de faire tache d'huile dans d'autres pays considérés comme fragiles sur le plan budgétaire, à commencer par l'Espagne et le Portugal.

La Grèce est depuis plusieurs semaines sous pression des marchés financiers en raison de l'ampleur de ses déficits, gonflés par la crise. Athènes doit payer de plus en plus cher pour emprunter afin de les financer, ce qui fait craindre à certains un défaut de paiement sur sa dette et un effet domino ailleurs.

Lors de ce sommet, «il va y avoir une déclaration d'un certain nombre de pays confirmant qu'ils vont aider la Grèce», a souligné une source diplomatique. À ce stade, «ce sera un principe général» pour signifier que la Grèce ne sera pas laissée seule, et tenter d'éviter que les turbulences financières qui secouent le pays ne s'étendent, a-t-elle ajouté, «il faut quelque chose pour rassurer les marchés».

La France et l'Allemagne travaillent ainsi en ce sens, en vue d'adresser aujourd'hui un message de soutien politique à Athènes face aux spéculateurs, a également indiqué une source diplomatique française à Paris. Paris et Berlin «souhaitent que cela puisse déboucher à Bruxelles sur un plan commun» de soutien à la Grèce, a précisé la même source, mais «il n'est pas sûr que nous puissions aboutir jeudi [aujourd'hui] à un plan technique» de mesures, a-t-on poursuivi.

Les prises de décisions devraient en effet être renvoyées à une réunion de l'Eurogroupe prévue lundi à Bruxelles.

«Je mène en ce moment beaucoup d'entretiens afin que nous puissions définir une réponse qui pourra convaincre les marchés financiers», a ainsi déclaré le président de ce forum, Jean-Claude Juncker, dans une entrevue à paraître aujourd'hui au quotidien luxembourgeois Luxemburger Wort, précisant vouloir présenter des «propositions» d'action lors du sommet.

Diverses modalités

Parmi les options à l'étude figurent des prêts bilatéraux accordés par certains pays de la zone euro à la Grèce, des mises à disposition de lignes de crédit, ou encore des garanties apportées par certains gouvernements qu'ils souscriront à des émissions d'obligations d'Athènes, selon une source diplomatique.

Les «modalités précises» du plan devraient être «renvoyées à plus tard», selon la source diplomatique française, faisant notamment état de «réticences allemandes» sur certains points. «Tous les pays européens sont confrontés à des difficultés budgétaires, et il n'est pas facile de justifier auprès de leurs opinions publiques qu'il faut aider la Grèce, un pays qui a truqué ses chiffres de déficits pour les minimiser», explique une source gouvernementale européenne, sous couvert de l'anonymat.

En plus du soutien européen, il n'est pas exclu que le Fonds monétaire international soit appelé à la rescousse, même si la question divise encore les pays européens, dont certains, notamment au sein de la zone euro, le percevraient comme une humiliation politique.