Saputo veut prendre de l'expansion à l'étranger

La multinationale Saputo compte bien profiter de sa bonne situation financière pour accroître sa présence à l'étranger. Le président et chef de la direction de l'entreprise, Lino Saputo fils, a d'ailleurs affirmé hier que plusieurs projets d'acquisition étaient sur la table.

Le géant spécialisé dans l'industrie fromagère bénéficie en effet d'une posture enviable pour mener à bien ses ambitions d'expansion. «Nous avons un potentiel de plus de deux milliards de dollars pour faire des acquisitions», a souligné M. Saputo. Il a du même coup rappelé que son entreprise avait moins de 600 millions de dollars de dettes, pour un chiffre d'affaires de six milliards.

Saputo lorgne notamment du côté des États-Unis. «Nous avons toujours trois ou quatre dossiers sur la table, donc le potentiel est là», a-t-il indiqué au cours d'un point de presse tenu en marge d'une conférence prononcée à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et à laquelle ont assisté plus de 600 personnes. Il n'a cependant rien voulu préciser à ce sujet.

Pour le moment, Saputo est le troisième transformateur laitier en importance en sol américain, mais détient moins de 10 % du marché des fromages fabriqués et vendus dans ce pays. «Le marché est tellement fragmenté qu'il y a de la place pour nous», a toutefois assuré M. Saputo, dont l'entreprise est implantée chez nos voisins du Sud depuis la fin des années 1980. «Rien n'est trop grand, rien n'est trop petit. Nous avons déjà fait des acquisitions de compagnies au chiffre d'affaires de 25 millions et des acquisitions de plus d'un milliard.»

Le président et chef de la direction du fabricant du Cendrillon Alexis de Portneuf — classé meilleur fromage au monde en 2009 — souhaiterait aussi étendre ses activités vers l'Australie, avec à la clé un accès au marché asiatique. «Ce serait très intéressant. J'espère que nous allons concrétiser une transaction», a-t-il dit, ajoutant que des démarches en ce sens ont été entreprises depuis déjà cinq ans.

Et sans tourner le dos à d'éventuels projets en Inde, M. Saputo a surtout insisté sur le fait que ce pays, au deuxième rang pour ce qui est de sa population, souffre d'un manque criant d'infrastructures. En ce qui concerne le marché européen, on attend par ailleurs de voir les résultats des pourparlers en cours sur l'épineuse question de la gestion de l'offre dans le secteur agricole pour décider de la suite des choses. Saputo possède déjà des installations au Royaume-Uni et en Allemagne.

Lino Saputo fils a en outre répété que la division des gâteaux Vachon n'est pas à vendre, contrairement à ce que laissent entendre des rumeurs persistantes à cet effet depuis des années. «Il n'est pas question de la vendre, mais plutôt de voir comment la redresser et la développer», a-t-il laissé tomber.

Née à Montréal dans les années 1950, Saputo emploie 9700 personnes réparties dans 46 usines à travers cinq pays. La multinationale, qui a effectué une vingtaine d'acquisitions au cours des 12 dernières années, a fait un bénéfice net de 104,3 millions au troisième trimestre, terminé le 31 décembre.