L'Europe doit réduire les ventes à découvert, estime un eurodéputé

Bruxelles — Les attaques spéculatives contre les pays de la zone euro vont accélerer la régulation des ventes à découvert dans l'Union européenne, estime Jean-Paul Gauzès, proche du nouveau commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, et l'une des voix les plus influentes du Parlement européen sur ce sujet.

Dans une entrevue à Reuters, le rapporteur de la directive AIFM (Alternative Investment Funds Managers) considère également que les récents événements en Grèce, au Portugal et en Espagne ont réveillé l'appétit régulateur des autorités européennes.

«L'un des éléments, c'est les ventes à découvert, c'est avec cela que l'on peut spéculer. Ce que je vais essayer de faire, c'est appliquer un encadrement des ventes à découvert au niveau des fonds alternatifs», ajoute-t-il, indiquant que le volet de son rapport sur la directive AIFM relatif aux pratiques de «short selling» serait complété et précisé.

Jean-Paul Gauzès a été l'un des acteurs clés l'an dernier dans la réforme des agences de notation et passe pour avoir l'oreille de Michel Barnier, qui prendra aujourd'hui ses fonctions à la Commission européenne.

Jean-Paul Gauzès considère qu'il ne faut pas s'arrêter là et qu'il faut réduire les ventes à découvert dans l'ensemble du secteur financier. Michel Barnier, qui présentera ses priorités aux ministres des Finances de l'UE lors de leur réunion du 16 février à Bruxelles, a indiqué à plusieurs reprises qu'il présenterait sans tarder une directive sur les ventes à découvert.

Cette directive sera discutée en parallèle d'une réforme plus large de la régulation et de la supervision financière en Europe, qui vise à créer de nouvelles autorités de supervision européennes et à les doter de pouvoirs contraignants.

«Dans le projet de directive, nous poserons les bases de cet encadrement des ventes à découvert et ensuite les autorités de supervision compétentes feront les analyses pour déterminer ce qui relève des instruments financiers permettant le bon déroulement des opérations financières et ce qui est purement spéculatif», explique Jean-Paul Gauzès.

Le but avoué de l'eurodéputé est de séparer le bon grain de l'ivraie et de «ne garder des fonds alternatifs que le bon, c'est-à-dire lorsque ces fonds ont un intérêt économique général».

«Ce que je pense, c'est qu'il vaut mieux tailler large et en supprimer trop que pas assez. On ne peut pas demander aux contribuables et aux États de faire des efforts et en même temps de se voir torpiller par des procédures financières sans valeur ajoutée.»