Crise chez Toyota - Près d'un demi-million de Prius rappelées

Malgré la crise, seulement un tiers des Canadiens y penseraient à deux fois avant de se procurer une voiture de marque Toyota, indique un récent sondage. La confiance des Québécois aurait été encore moins ébranlée.
Photo: Agence Reuters Yuriko Nakao Malgré la crise, seulement un tiers des Canadiens y penseraient à deux fois avant de se procurer une voiture de marque Toyota, indique un récent sondage. La confiance des Québécois aurait été encore moins ébranlée.

Tokyo — Le constructeur automobile japonais Toyota a confirmé hier le rappel de 437 000 Prius et autres modèles hybrides dans le monde en raison de problèmes de freinage. Un coup dur de plus pour l'image du numéro un mondial de l'automobile, déjà empêtré dans le rappel de plus de sept millions d'autres modèles pour des défauts de pédales d'accélérateur.

Au Canada, un peu moins de 3300 véhicules sont touchés par le rappel international de Toyota relatif à ses modèles Prius 2010.

Au total, ce sont maintenant quelque 8,5 millions de voitures Toyota qui font l'objet d'un rappel dans le monde. Le constructeur a par ailleurs indiqué hier qu'il rappellerait volontairement 7300 modèles 2010 Camry en raison d'une possible fuite du liquide de freins.

L'annonce d'hier a été faite par le président de Toyota en personne, Akio Toyoda, critiqué pour sa discrétion dans les deux semaines qui ont suivi le rappel, le 21 janvier, des sept millions de véhicules aux États-Unis, en Europe et en Chine. «Je présente mes excuses pour avoir causé des problèmes et des inquiétudes à de nombreux clients au sujet de la qualité et de la sécurité des Toyota», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au siège de l'entreprise à Tokyo, en japonais puis en anglais. «Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour regagner la confiance de nos clients.»

Le ministère japonais des Transports a critiqué la réaction jugée trop lente de Toyota face à ces derniers problèmes. Il a annoncé une rencontre avec l'ambassadeur américain au Japon pour faire le point sur ces rappels et s'assurer que les relations entre les deux pays ne pâtissent pas de la situation. «Toyota a manqué de considération pour les clients», a déclaré le ministre Seiji Maehara, à l'issue d'une rencontre avec Akio Toyoda. «Nous espérons que cela ne se reproduira pas.»


Confiance

Par ailleurs, seulement un tiers des Canadiens pourraient y penser à deux fois avant d'acheter une voiture de marque Toyota dans l'avenir en raison des récents problèmes de sécurité de l'entreprise. Un nouveau sondage La Presse canadienne-Harris Décima suggère en effet que la réputation du fabricant automobile auprès de la population canadienne n'a pas encore trop souffert du rappel de véhicules. Ce fait est particulièrement vrai au Québec, où les répondants avaient une opinion plus favorable à l'égard de Toyota que dans le reste du Canada et étaient moins réticents à l'idée d'acheter une voiture de cette marque.

De plus, la majorité des personnes interrogées ont déclaré apprécier la manière dont la firme japonaise, devenue depuis peu le plus important constructeur automobile au monde, gérait la situation jusqu'à présent.