Les mises en chantier progressent au Québec - Comme au Canada, la hausse a été marquée en janvier

Au total, 2911 habitations ont été mises en chantier au Québec en janvier 2010 dans les centres de 10 000 habitants et plus, comparativement à 1997 habitations en janvier 2009.
Photo: Agence Reuters Au total, 2911 habitations ont été mises en chantier au Québec en janvier 2010 dans les centres de 10 000 habitants et plus, comparativement à 1997 habitations en janvier 2009.

La vigueur retrouvée de l'économie canadienne continue de se refléter dans le marché de l'immobilier. Le nombre de mises en chantier a en effet continué de croître en janvier, poursuivant ainsi sa remontée entamée il y a déjà quelques mois. Un constat qui vaut tout à fait pour le Québec et qui vient s'ajouter à des prévisions de hausses significatives du côté des reventes pour 2010.

Pour l'ensemble de la province, le nombre de mises en chantier désaisonnalisé annualisé pour le mois de janvier (55 400) montre un rythme d'activité plus fort que celui de décembre (52 100), selon ce qui ressort des données publiées hier par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Il s'agit même du niveau «le plus élevé depuis février 2008», souligne Hélène Bégin, Économiste principale au Mouvement Desjardins. Celle-ci rappelle d'ailleurs que «la tendance de la construction neuve est nettement à la hausse depuis l'automne 2009».

Sans oublier le rebond significatif depuis un an. Au total, 2911 habitations ont été mises en chantier au Québec en janvier 2010 dans les centres de 10 000 habitants et plus, comparativement à 1997 habitations en janvier 2009. Dans l'ensemble des régions métropolitaines de recensement du Québec, la construction de maisons individuelles a progressé de 48 % par rapport à l'année dernière, et celle d'habitations collectives a augmenté de 53 %.

«La hausse importante des mises en chantier en janvier s'explique par une concomitance de facteurs: le resserrement du marché de la revente au cours de l'an dernier — qui a favorisé la demande d'habitations neuves — et les conditions météorologiques, qui ont été défavorables au travail sur les chantiers en janvier l'an dernier, mais relativement favorables cette année», explique Kevin Hughes, économiste régional à la SCHL. L'organisme estime toutefois que «ce dynamisme ne préfigure pas la vigueur prévue pour 2010». Certains «risques à la baisse» subsistent en effet, selon Desjardins, notamment lorsque les taux d'intérêt entameront leur remontée.


Progression canadienne

Pour l'ensemble du pays, le nombre de mises en chantier a aussi continué sur sa lancée. Il est passé de 176 100 en décembre 2009 à 186 300 en janvier 2010 — exprimé de façon désaisonnalisée annualisée. «En janvier, les mises en chantier d'habitations ont augmenté tant du côté des maisons individuelles que de celui des logements collectifs, indique Bob Dugan, économiste en chef au Centre d'analyse de marché de la SCHL. Les hausses enregistrées dans ces segments de marché sont semblables à celles qu'ils ont connues en décembre.»

Les données définitives pour les mises en chantier canadiennes montrent par ailleurs que leur nombre réel s'est élevé à 149 081 en 2009 et que l'activité s'est améliorée de mois en mois au cours de l'année.

Selon Marco Lettieri, Économiste à la Banque Nationale, ces chiffres témoignent «de la vigueur sous-jacente de l'économie canadienne. Ces résultats solides corroborent d'autres données économiques, comme les hausses d'emploi, l'étroitesse des marchés de revente et les taux d'intérêt extrêmement bas et favorables».

Il estime cependant que «certains indices qui commencent à émerger semblent annoncer un ralentissement possible du marché de la construction». M. Lettieri précise ainsi que décembre a été le premier mois depuis mars 2009 où les permis de construire de maisons individuelles ont baissé (-0,7 % en volume), un secteur qui affichait un grand dynamisme après avoir touché le fonds en février 2009. Sans compter une hausse des taux qui pourrait intervenir dès avril.


Reventes en hausse

En plus de la croissance des mises en chantier, l'Association canadienne de l'immeuble — un organisme qui représente plus de 98 000 courtiers et agents immobiliers — prévoit aussi que le marché de la revente sera particulièrement dynamique cette année.

Ainsi, l'activité nationale devrait atteindre 527 300 logements en 2010, soit une hausse de 13,3 % par rapport à 2009. Cela représenterait un nouveau sommet annuel, de 1,2 % supérieur à l'ancien record enregistré en 2007. Selon les prévisions, les bas taux d'intérêt propulseront les demandes de logements au cours du premier semestre de l'année, et cela accroîtra considérablement les ventes annuelles dans presque toutes les provinces en 2010, notamment au Québec (+10,9 %).

Au cours du deuxième semestre, l'activité au Canada devrait toutefois évoluer à la baisse au fur et à mesure que la demande diminuera et que les taux d'intérêt augmenteront. Et pour 2011, on annonce d'ores et déjà un recul des reventes. Les ventes résidentielles devraient chuter de 7,1 % au pays, à 490 100 logements, de manière à rejoindre les niveaux observés en 2005 et 2006.