Le patron de la FSA veut contrôler l'expansion du crédit

Paris — Le président de la Financial Services Authority (FSA), le gendarme des marchés britanniques, estime qu'il faut «contrôler l'expansion du crédit» pour éviter de nouvelles crises, en étant notamment «plus sélectifs» dans la distribution de prêts.

«Je suis de plus en plus convaincu qu'il faut contrôler l'expansion du crédit, indépendamment de la politique monétaire», affirme Jonathan Adair Turner dans un entretien publié hier par le quotidien français La Tribune.

Selon lui, «il faudrait faire la différence» entre, d'une part, les crédits «qui financent l'activité réelle, de nouveaux actifs ou des investissements» et qui, donc, «débouchent sur de la croissance», et, d'autre part, les crédits qui «financent le rachat d'actifs existants» avec «un endettement élevé, où ce sont les plus-values qui financent le coût du crédit» (prêts pour l'immobilier ou pour les rachats d'entreprises par exemple).

«Il n'y a pas de raison de limiter les premiers, alors que les autres n'ont pas toujours d'utilité sociale, ils peuvent même être dangereux», insiste M. Turner.

Or, constate le patron du gendarme de la City, «lorsqu'on relève les taux d'intérêt, on pénalise indifféremment les deux, on frappe même davantage l'activité réelle, alors que l'on récompense les spéculateurs».

Il relève que certains pays exercent déjà un contrôle, comme la Chine — «avec un succès réel» — ou l'Allemagne et l'Italie, qui sont «plus sélectifs pour la distribution de crédit à l'immobilier par exemple».


2010, une année cruciale

S'agissant de la régulation plus générale du monde de la finance, M. Turner juge que 2010 sera une année «cruciale», au cours de laquelle il faut passer «des grand principes» à «la réalité concrète» avec «des contraintes plus fortes».

Saluant «les principes» du projet de réforme bancaire de l'administration américaine, le patron de la FSA estime enfin qu'une loi ne sera pas suffisante. «Quand on s'attaque à ce problème, on revient vite aux obligations portant sur le capital des banques, c'est le coeur du problème, c'est là qu'il faut agir», prévient-il.