Un gouvernement économique pour l'Europe

Le sommet de jeudi sera l’occasion pour le président de l’UE, Herman Van Rompuy, d’effectuer sa véritable entrée en scène après être resté très discret depuis son entrée en fonction en décembre.
Photo: Agence France-Presse (photo) Michael Gottschalk Le sommet de jeudi sera l’occasion pour le président de l’UE, Herman Van Rompuy, d’effectuer sa véritable entrée en scène après être resté très discret depuis son entrée en fonction en décembre.

Bruxelles — Le président de l'Union européenne (UE), Herman Van Rompuy, a évoqué la création d'un «gouvernement économique» des 27 afin de mieux coordonner leurs politiques, avec à la clé des incitations financières pour les bons élèves, dans un document que l'AFP s'est procuré hier.

Aujourd'hui, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne sont chacun dans leur pays «responsables de la stratégie économique de leur gouvernement» national. À l'avenir «ils devraient l'être au niveau de l'UE», écrit M. Van Rompuy dans ce document.

«Que l'on appelle cela coordination des politiques ou gouvernement économique», les dirigeants européens sont les seuls en mesure de mettre en place «une stratégie commune visant à créer plus de croissance et davantage d'emplois», ajoute l'ancien Premier ministre belge.

Ses propositions doivent être transmises aux 27 dirigeants en vue d'un sommet prévu jeudi à Bruxelles sur la crise économique, avec en toile de fond la situation budgétaire en Grèce. «Les récents développements dans la zone euro soulignent l'urgence de renforcer notre gouvernance», ajoute M. Van Rompuy à propos de la crise grecque, qui menace de faire tache d'huile en Espagne et au Portugal.

La réunion de jeudi doit poser les jalons d'une nouvelle stratégie économique pour l'UE, axée sur les investissements dans la recherche, l'économie «verte» et l'innovation, remplaçant celle dite «de Lisbonne». Lancée en 2000, cette dernière ambitionnait de faire en une décennie de l'Europe l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. Elle a largement échoué.

Pour y remédier, M. Van Rompuy — qui lors du sommet compte effectuer sa véritable entrée en scène après être resté très discret depuis son entrée en fonction en décembre — propose d'abord de limiter les objectifs communs. Il propose de n'en retenir que cinq avec des objectifs qui seraient fixés en fonction de la situation «individuelle» de chaque pays, plutôt que d'établir les mêmes pour tous. Une option qui avait conduit à l'échec de la précédente stratégie, devenue un simple catalogue de bonnes intentions.

Pour s'assurer que les pays européens respecteront leurs engagements, M. Van Rompuy ne retient pas l'idée de sanctions financières, un moment évoquée par la présidence espagnole, mais aussitôt rejetée par des pays comme l'Allemagne ou la Suède.

Toute juste, la surveillance de l'application des objectifs communs serait «renforcée». Chaque pays serait audité par des missions d'experts de la Commission européenne et des autres États. Bruxelles pourraient adresser des rappels à l'ordre aux mauvais élèves.