Le Dow tombe sous les 10 000 points

Les marchés boursiers ont amplifié leur mouvement de correction hier. Toujours nerveux face au risque de défaut sur la dette souveraine qui s'étend dans la zone euro, les investisseurs ont notamment poussé le Dow Jones, indice symbolique de New York, sous la barre des 10 000 points. Une première en fermeture depuis le 4 novembre dernier.

Engagé dans un élan baissier depuis quatre semaines, le Dow avait testé son niveau des 10 000 vers la fin de la semaine dernière sans toutefois le franchir. Cette barre n'a pas résisté hier, la moy-enne des 30 industrielles tombant de 1 % pour terminer à 9908,39. En revenant à son niveau du 4 novembre dernier, l'indice symbolique gonflait à 7 % sa correction depuis la mi-janvier. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a reculé de 0,9 % hier, à 1056,74 points. Cet indice est également en repli de 7 % depuis son sommet de janvier.

Malmené, l'euro est tombé sous 1,37 $US. Le renforcement du billet vert a également poussé le dollar canadien à 93,07 ¢US, en baisse de 39 centièmes.

Déjà lancé en novembre avec les difficultés financières du conglomérat Dubaï World, le mouvement baissier a pris forme il y a un mois lorsque la Chine a annoncé des mesures de resserrement du crédit octroyé par les banques afin d'endiguer les risques de surchauffe inflationniste. Il s'est nourri récemment des difficultés budgétaires observées dans la zone euro. Grèce, Portugal et Espagne ont ajouté des points d'ombre dans l'univers de dette souveraine et les risques de contagion à l'ensemble de la zone euro.

Des débordements ont été observés sur les actions bancaires européennes et américaines. «Les bancaires européennes ont été sous pression la plus grande partie de la journée, et j'ai le sentiment que les bancaires américaines s'alignent», a déclaré à Reuters l'analyste David Lutz, de Stifel Nicolaus Capital Markets. «On s'inquiète maintenant non seulement de l'aspect réglementaire, mais aussi de la possibilité croissante de voir des banques augmenter leur capital; je pense que, pour l'essentiel, tout ça a à voir avec les problèmes de dette souveraine.»

Bay Street n'a pas été épargnée par ce délestage.

L'indice S&P/TSX a perdu 107,82 points hier pour clôturer à 11 115,30, en baisse de 1 %. Les analystes ont cependant rappelé que le mouvement baissier renfermait des prises de bénéfice après le bond de 31 % du TSX l'an dernier. Pour sa part, le S&P 500 demeure en hausse de 57 % depuis son creux de mars 2009.