Cossette accepte l'offre de Mill Road

Les bureaux de Cossette à Québec. Le siège social de l’agence restera dans la Vieille Capitale.
Photo: Agence Reuters Mathieu Belanger Les bureaux de Cossette à Québec. Le siège social de l’agence restera dans la Vieille Capitale.

Québec — Les actionnaires Cossette ont approuvé massivement hier la vente du géant québécois de la publicité à la société américaine Mill Road Capital, une transaction de 135 millions de dollars.

À l'occasion d'une assemblée générale extraordinaire, les actionnaires ont appuyé à plus de 99,9 % l'offre de 8,10 $ par action soumise par Mill Road Capital, un fonds d'investissement de Greenwich, au Connecticut. Un vote des deux tiers des actionnaires était requis pour avaliser la transaction.

Pour les détenteurs d'actions de l'agence québécoise de publicité et de communications, la prime est substantielle. Le montant offert représente près de trois fois le plancher de 2,78 $ l'action touché au mois de mai dernier.

Devant l'assemblée, le président et chef de la direction, Claude Lessard, a salué cette transaction «historique» qui fera en sorte de fermer le capital de Cossette, tirant ainsi un trait sur 10 ans en tant que société cotée en Bourse.

«Redevenir une compagnie privée nous donnera un gros avantage concurrentiel. Avec la réglementation des dernières années, il était devenu difficile d'opérer dans un contexte public. En retrouvant cette flexibilité privée, ce sera une bonne nouvelle pour nos gens et nos clients», a-t-il expliqué, un peu plus tard en point de presse.

Libéré de l'obligation de dévoiler ses résultats financiers à tous les trois mois, Cossette pourra davantage se consacrer au développement et à la croissance de ses activités, selon M. Lessard.

«L'image est importante dans notre entreprise et j'aimerais que l'on parle davantage de nos réalisations quantitatives que de nos réalisations financières. C'est pour moi un avantage énorme. Depuis quatre ou cinq ans, on ne parlait que de nos résultats financiers, qu'ils soient bons ou mauvais», a-t-il souligné.

La vente met aussi fin à une longue saga qui avait commencé en juillet dernier avec une offre publique d'achat hostile à 4,95 $ l'action de la part de la société Cosmos, initiée par deux anciens dirigeants de Cossette.

Après une période de surenchère, Cosmos a retiré son offre le 7 décembre. La proposition atteignait alors 7,87 $ l'action.

«Je n'ai jamais senti que nous étions en danger, mais il n'aurait pas fallu que ce processus perdure encore deux mois», a dit M. Lessard, manifestement soulagé de tourner la page sur cet épisode de tourmente.

En vertu de la transaction avec Mill Road Capital, les cadres de Cossette conserveront environ 30 % des actions de la nouvelle société privée, dont le siège social demeurera à Québec.

En ce sens, Cossette restera une entreprise québécoise, a soutenu M. Lessard. Ce dernier conservera ses fonctions de président et de chef de la direction de la compagnie.

«Cossette est une compagnie québécoise, enregistrée au Québec, a-t-il insisté. Ce qu'on a fait aujourd'hui, c'est de remplacer l'actionnariat public par un actionnaire qui aurait pu être canadien ou américain.»

Des représentants de Mill Road Capital étaient présents lors de l'assemblée extraordinaire mais n'ont pas voulu commenter la transaction devant la presse.

M. Lessard a cependant vanté les vertus des nouveaux propriétaires. Mill Road Capital «va laisser les managers gérer la compagnie», a-t-il dit.

«Nous sommes tombés en amour avec ces gens-là parce que nous avons trouvé chez eux des valeurs que nous partageons. C'est un très petit fonds, ils n'ont pas tant d'investissements et choisissent des compagnies avec lesquelles ils sont à l'aise de travailler. Ils sont respectueux et connaissent notre industrie», a-t-il relaté.

Créé à Québec en 1972, Cossette était inscrit à la Bourse depuis 1999.

D'un minuscule studio de graphisme, Cossette est devenu au fil des ans un joueur majeur implanté au Canada, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Chine.

L'entreprise compte plus de 1400 employés dans le monde dont 600 au Québec.

Avec des revenus annuels de 217 millions $, Cossette se classe au 23e rang mondial des entreprises de communications.

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