Fin de parcours pour Saab

New York — Le constructeur automobile américain General Motors a essuyé un nouvel échec dans son projet de restructuration, annonçant hier qu'il allait devoir fermer sa filiale suédoise Saab en raison de difficultés avec le plan de reprise du néerlandais Spyker.

John Smith, un vice-président de General Motors (GM) chargé des «alliances», a assuré au cours d'une conférence de presse que le groupe américain avait négocié de bonne foi jusqu'au bout pour sauver Saab. Mais «les deux parties ont pensé que les difficultés ne pouvaient être résolues en temps voulu» alors que les négociations s'étaient engagées il y a quelques semaines seulement, après l'échec d'un précédent plan de reprise.

Quelque 3400 employés de Saab vont perdre leur emploi, de même que 1100 concessionnaires, selon GM, qui a annoncé un processus «ordonné» à partir de janvier sans préciser d'échéancier.

M. Smith s'est refusé à préciser pourquoi les négociations, prolongées jusqu'à hier matin à Stockholm, avaient tourné court. Aux Pays-Bas, le directeur exécutif de Spyker, Victor Muller, a pointé «des problèmes qui ont surgi» mais «ne pouvaient être résolus» avant la date du 31 décembre fixée par GM.

Le vice-président de GM a évité de mettre en cause le gouvernement de centre-droit suédois, qui l'a «soutenu» dans les négociations mais a refusé de prendre une participation directe dans Saab.

Une position réitérée par la ministre suédoise chargée des entreprises, Maud Olofsson: «Nous n'avons ni le savoir-faire, ni l'argent» pour reprendre Saab, a-t-elle dit après l'annonce de la fermeture du constructeur automobile, qui n'a pratiquement jamais dégagé de bénéfice depuis vingt ans.


Difficile à convaincre

C'est apparemment la Banque européenne d'investissement (BEI) qui a été difficile à convaincre du sérieux du projet Spyker, un tout petit constructeur qui durant les six premiers mois de 2009 n'a vendu que 23 voitures, à un prix de base de 199 990 euros. «Nous étions encore en discussions avec la BEI ce matin», a dit John Smith, précisant n'avoir obtenu aucun engagement ferme. En octobre, la banque avait donné son feu vert à un prêt de 400 millions d'euros à Saab sur la base du plan de rachat du petit constructeur suédois de voitures de luxe Koenigsegg qui a finalement jeté l'éponge en novembre.

General Motors, qui n'a survécu cette année que grâce à une aide gouvernementale américaine massive, cherchait depuis janvier à vendre Saab, dans le cadre de son plan de redressement.

Faute de reprise de l'ensemble de la filiale, M. Smith a laissé la porte ouverte à la cession de certains actifs, y compris la marque.

Le groupe a déjà conclu avec le groupe chinois Beijing Automotive Industry Holding Co. (BAIC), qui était partenaire de l'offre de reprise de Koenigsegg, un accord pour reprendre les droits de propriété intellectuelle sur certains actifs et développer des voitures sous sa marque avec l'aide de Saab. Le quotidien financier suédois Dagens Industri a évalué mardi à 1,4 milliard de couronnes (204,5 millions de dollars) les actifs repris par BAIC, ce qui permettrait, selon le journal, de financer Saab jusqu'en mars.

Ce nouvel échec de GM pour céder des actifs, après qu'un projet de reprise de sa marque américaine Saturn ait tourné court en septembre, laisse l'ancien plus grand constructeur automobile au monde avec quatre marques américaines (Buick, Cadillac, Chevrolet, GMC) et une filiale européenne: Opel/Vauxhall.

M. Reilly a souligné qu'avant de disparaître, Saab «honorera ses dettes» et cessera la production et la distribution «de façon ordonnée».

À voir en vidéo