L'essence a fait grimper l'inflation à 1 % en novembre

Ottawa — Les prix à la consommation ont grimpé davantage que prévu le mois dernier, mais les données dévoilées hier par Statistique Canada donnent peu de raisons de croire que l'économie canadienne risque une surchauffe — du moins pas assez pour convaincre la Banque du Canada de faire grimper son taux d'intérêt directeur.

L'inflation canadienne a progressé pour un deuxième mois consécutif pour atteindre un sommet de huit mois en novembre, s'établissant à 1 %, a indiqué l'agence gouvernementale. C'est 0,2 point de pourcentage de plus que la prévision moyenne des économistes.

Mais les perspectives de nouvelles hausses mensuelles de l'inflation étaient minces et l'inflation de base — qui exclut les éléments les plus volatils comme ceux des secteurs de l'alimentation et de l'énergie —, a en fait chuté de trois dixièmes de point à 1,5 %, ce qui reste inférieur d'un demi-point à la cible privilégiée par la banque centrale.

Sur une base mensuelle, l'indice des prix à la consommation a grimpé de 0,5 % en novembre par rapport à octobre.


La fin de la récession

Plusieurs analystes ont profité de la journée d'hier pour sortir leurs boules de cristal, la plupart s'entendant pour prédire que le Canada affichera l'an prochain la plus importante croissance économique au sein du groupe des sept plus grandes puissances économiques mondiales. Mais avec une croissance anticipée de 2,7 %, tout cela ressemble davantage à une course de tortues.

Malgré tout, plusieurs banques s'attendent à ce que l'économie mondiale avance au rythme d'environ 4 % l'an prochain, et pratiquement tous les pays ont amorcé leur reprise. «Aujourd'hui, nous pouvons finalement dire avec confiance que la grande récession mondiale est terminée», a affirmé la directrice des prévisions économiques chez la Banque TD, Beata Caranci.

Dans le cadre d'un entretien sur le réseau Business News Network, le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, n'a pas semblé être en désaccord avec cette affirmation, même si son choix de mots était plus prudent. «À ce moment, nous observons une probabilité de croissance qui prend de plus en plus racine [sur la scène internationale], mais elle n'est pas assurée», a-t-il indiqué au réseau spécialisé établi à Toronto. Rien dans les données d'hier sur l'inflation ne permet de croire que M. Carney pourrait hausser son taux directeur plus rapidement, ont estimé des économistes.

Statistique Canada a noté que le principal vecteur d'inflation trouvait sa source dans les prix de l'essence. Les prix de l'essence en novembre ont été 14,1 % plus élevés qu'à la même période l'an dernier et 13,1 % moins élevé en octobre qu'un an plus tôt.

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