États-Unis - Seule la retraite des patrons est protégée

Si le capital-retraite des salariés — généralement investi en Bourse — a ressenti la chute des marchés financiers, celui des patrons est garanti contre les aléas.
Photo: Agence France-Presse (photo) Spencer Platt Si le capital-retraite des salariés — généralement investi en Bourse — a ressenti la chute des marchés financiers, celui des patrons est garanti contre les aléas.

Washington — Les dirigeants des grandes entreprises américaines sont les seuls salariés à bénéficier de retraites protégées contre la crise économique, révèle une étude du Wall Street Journal publiée hier.

Le quotidien des affaires a épluché les documents légaux publiés par les sociétés cotées à l'indice S&P 500, et en a conclu que si le capital-retraite des salariés — généralement investi en Bourse — avait ressenti la chute des marchés financiers, celui des patrons était garanti contre les aléas.

«Presque tous les dirigeants avec des rendements positifs sur leurs plans de rémunérations différées travaillaient dans des sociétés dont le cours de l'action a baissé en 2008», a indiqué le WSJ. «Des rendements fixes sont parmi les avantages que les entreprises disent nécessaires pour attirer et garder leurs dirigeants en des temps difficiles», a expliqué le quotidien.

Il cite le cas du numéro un mondial de la distribution, Wal-Mart, où la valeur de l'épargne des salariés en vue de la retraite a chuté de 18 % en moyenne en 2008, et dans certains cas de 60 %, tandis que le p.-d.g., Lee Scott, bénéficiait d'une appréciation garantie de 6,6 %.

Chez Comcast (câblo-opérateur), les salariés ont perdu en moyenne 29 % de leur épargne, et les dirigeants l'ont accrue de 12 %. Dans la banque d'affaires Bank of New York Mellon, la perte des salariés se monte à 30 %, et le gain des dirigeants à 6,6 %.

Interrogées par le quotidien, certaines de ces entreprises ont répondu que les rendements garantis pouvaient aussi limiter les gains en période faste pour les dirigeants.

Certaines entreprises, minoritaires, ont à l'inverse décidé de donner à leurs dirigeants les mêmes conditions qu'à n'importe quel salarié. Chez Intel (microprocesseurs), ils ont ainsi tous subi la même perte de 35 %.

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