Premier vol d'essai réussi pour le Dreamliner

Le 787 Dreamliner de Boeing a effectué hier son premier vol d’essai, avec plus de deux ans de retard sur le calendrier. Le biréacteur a décollé à 10h30 de l’aérodrome d’Everett, dans l’État de Washington. Ce premier vol devait durer quatre heures, pendant lesquelles les deux pilotes devaient effectuer une batterie de tests techniques, avant de poser l’appareil à Seattle. Il aura finalement été écourté en raison du mauvais temps.
Photo: Agence France-Presse (photo) Stephen Brashear Le 787 Dreamliner de Boeing a effectué hier son premier vol d’essai, avec plus de deux ans de retard sur le calendrier. Le biréacteur a décollé à 10h30 de l’aérodrome d’Everett, dans l’État de Washington. Ce premier vol devait durer quatre heures, pendant lesquelles les deux pilotes devaient effectuer une batterie de tests techniques, avant de poser l’appareil à Seattle. Il aura finalement été écourté en raison du mauvais temps.

Everett — Le nouvel avion 787 de Boeing, dit le Dreamliner, a atterri hier à l'issue d'un premier vol d'essai réussi qui a duré un peu plus de trois heures. Le vol a duré un peu moins longtemps que prévu en raison des «conditions météorologiques», la pluie de plus en plus forte réduisant la visibilité dans la région de l'aérodrome de Paine Fields, proche de l'usine Boeing d'Everet.

Un porte-parole de Boeing avait indiqué au moment du décollage que le vol pourrait durer jusqu'à cinq heures trente, mais que ce serait «aux pilotes de juger» et qu'ils pourraient tout aussi bien décider de raccourcir le vol. «L'avion a assuré une superbe prestation» a affirmé un porte-parole de Boeing lors d'une retransmission en direct de l'atterrissage sur Internet, qualifiant le premier vol de «réussi».

L'avion peint en blanc, turquoise et bleu marine a atterri sous les applaudissements de milliers d'employés de Boeing venus fêter l'envol du premier nouveau modèle du constructeur depuis 15 ans.

Le premier vol du deuxième appareil 787 devrait avoir lieu le 22 décembre, a précisé un dirigeant de Boeing sous condition d'anonymat.


Deux ans de retard

Le nouvel avion 787 de Boeing s'est envolé pour la première fois hier avec plus de deux ans de retard sur le programme prévu, en raison notamment d'une production éclatée et d'un taux inédit de matériaux composites.

Le Dreamliner est déterminant pour l'avenir du constructeur américain, qui n'a pas lancé de nouvel appareil depuis 15 ans.

Pour cette première mise à l'épreuve des airs, les capitaines Mike Carriker et Randy Neville étaient seuls à bord de cet appareil, dont la cabine ne ressemble pas à une cabine normale, mais «à une salle d'ordinateurs», a commenté un porte-parole de l'avionneur américain à l'occasion de la retransmission du vol en direct sur le site Internet du groupe. Les équipements de bord transmettaient en temps réel les données du vol à une équipe au sol, et les informations sur la vitesse et l'altitude du vol devaient être rendues publiques à l'issue du vol d'essai.

Ce biréacteur de taille moyenne doit transporter de 210 à 330 passagers selon les configurations, sur des trajets de 4600 à 15 750 km et avec un meilleur confort pour les passagers, grâce à un taux d'humidité plus élevé que la moyenne en cabine.

Avec cet appareil dernier cri dont le fuselage est fait à 50 % de matériaux composites, Boeing promet «une consommation de carburant sans équivalent», de 20 % inférieure à celle des autres avions de taille comparable, et des coûts de maintenance réduits.

Le premier vol d'essai a été reporté à de multiples occasions, la dernière fois en juin, lorsqu'il avait été annulé in extremis après que des tests eurent révélé des faiblesses sur le fuselage. Ce énième report intervenait après une longue série de retards dans la conception de l'appareil, dus à la part inédite de matériaux composites employés et à la fabrication éclatée entre une quarantaine de sous-traitants.

La première livraison, au transporteur japonais All Nippon Airways, devrait dorénavant avoir lieu fin 2010.


Une perte

Les retards répétés du 787 ont conduit Boeing à inscrire une perte de 1,6 milliard au troisième trimestre et à diviser par plus de trois ses prévisions de bénéfice pour l'année, sans compter plusieurs annulations de commandes. L'avionneur américain fait en outre l'objet d'une plainte en nom collectif d'investisseurs à propos des retards répétés de son avion.

Mais malgré ces déboires, Boeing garde avec le 787 une longueur d'avance sur son concurrent européen Airbus, encore plus en retard dans la conception de son A350 XWB. Destiné à rivaliser directement avec le Dreamliner, il ne devrait pas être livré avant la mi-2013.

Boeing revendique 840 commandes de 55 clients pour son appareil nouvelle génération, qu'il qualifie d'«avion de ligne qui se vend le plus vite de l'histoire de l'aviation».

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