Reprise généralisée en 2010

La construction résidentielle au Québec — un secteur qui s’est assez bien tiré d’affaire au début de 2009 — tarde toujours à connaître une reprise soutenue, ce qui tranche avec la reprise en «V» des mises en chantier dans d’autres provinces telles que la Colombie-Britannique et l’Alberta.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La construction résidentielle au Québec — un secteur qui s’est assez bien tiré d’affaire au début de 2009 — tarde toujours à connaître une reprise soutenue, ce qui tranche avec la reprise en «V» des mises en chantier dans d’autres provinces telles que la Colombie-Britannique et l’Alberta.

Après une année difficile, l'économie canadienne devrait connaître une reprise généralisée en 2010, au point que le pays pourrait afficher la plus forte croissance des membres du G7, selon un rapport publié hier par les Services économiques RBC. Mais le ralentissement exerce toujours des pressions à la baisse sur des secteurs clés au Québec, qui devra composer avec le taux de croissance le plus bas parmi l'ensemble des provinces.

RBC prévoit en fait une croissance du PIB réel de 2,2 % pour le Québec. Cette prévision, inchangée depuis septembre, représente le taux de croissance le plus bas au pays. La donne devrait toutefois changer en 2011, puisque l'institution prévoit un taux de croissance beaucoup plus marqué, de 3,7 %, ce qui représenterait le meilleur rendement de l'économie québécoise depuis 2000.

«L'incidence de la récession s'est manifestée plus tard au Québec, qui a été moins touché par celle-ci que les autres provinces. Toutefois, le redressement de l'économie québécoise pourrait être ralenti en 2010, a expliqué le premier vice-président et économiste en chef de la RBC, Craig Wright. Le redressement devrait se consolider au cours de la prochaine année, et nous prévoyons que cela se traduira, pour le Québec, par un taux de croissance beaucoup plus rapide en 2011.»

Si la province est condamnée à tirer de l'arrière l'an prochain en matière de croissance, c'est en effet en partie parce qu'elle a accusé un recul moins important que le reste du pays cette année. Mais c'est aussi parce que la récession exerce toujours des pressions à la baisse sur des secteurs industriels clés au Québec. C'est le cas de l'aérospatiale. Le secteur doit composer avec une chute considérable des commandes qui nuira sans conteste à son taux de production ainsi qu'aux exportations de la province pour la période à venir.

De son côté, la construction résidentielle — un secteur qui s'est assez bien tiré d'affaire au début de 2009 — tarde toujours à connaître une reprise soutenue, ce qui tranche avec la reprise en «V» des mises en chantier dans d'autres provinces telles que la Colombie-Britannique et l'Alberta.

RBC prévoit en outre que les dépenses dans le secteur des infrastructures publiques «stimuleront l'activité économique au Québec l'année prochaine, mais que cet effet positif commencera à s'amoindrir». L'effet positif des mesures de relance budgétaires mises en place dans le cadre du plan quinquennal de renouvellement des infrastructures du gouvernement québécois devrait diminuer de plus de 5 % au cours de l'exercice 2010-2011, après avoir entraîné une augmentation de plus de 8 % en 2009-2010. «Ce programme a été l'un des principaux éléments ayant permis au Québec de contrer les effets de la récession en 2009. Même si ses effets positifs commencent à s'estomper, cela ne devrait pas trop toucher l'économie de la province, car les dépenses en capital des entreprises devraient s'accroître et permettre de combler les écarts», a expliqué M. Wright.


Le Canada s'en tire bien

Après une année difficile, l'économie canadienne semble par ailleurs sur le point de connaître une reprise généralisée en 2010, après s'être contractée de 2,5 % en moyenne en 2009. Le PIB réel devrait en effet s'apprécier de 2,6 % l'an prochain et atteindre 3,9 % en 2011. Le rapport indique que le sommet des mesures de relance devrait être atteint l'an prochain, et que les conditions de crédit, maintenant meilleures, favoriseront la croissance tant en 2010 qu'en 2011.

«Maintenant que la crise économique est chose du passé et que l'économie américaine se rétablit, la croissance économique du Canada devrait progresser de manière continue au cours de la prochaine année, a fait valoir Craig Wright. Bien que nous ne soyons pas encore au bout de nos peines, les mesures de relance et les dépenses records au chapitre des infrastructures aux niveaux fédéral, provinciaux et municipaux, jumelées à la baisse des taux d'intérêt, devraient susciter une reprise soutenue.»

«Le prix des mesures de stimulation — d'importants déficits budgétaires — est élevé, mais il est moins important par rapport au PIB que les sommets atteints au début des années 1990, a ajouté M. Wright. La faiblesse des taux hypothécaires et le nombre limité de maisons à vendre ont entraîné un important regain d'activité dans le secteur de la revente, ce qui prouve que les consommateurs ont repris confiance, même dans les régions où la récession a frappé plus durement, comme l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta.»

La récession mondiale, la chute du prix des produits de base et les licenciements avaient miné la confiance des consommateurs au début de 2009. Cependant, les dépenses de consommation devraient s'améliorer de 2,3 % en 2010, pour atteindre un taux de croissance de 2,7 % en 2011, grâce à la faiblesse des taux d'intérêt et à l'accroissement de la confiance des consommateurs.

Toutefois, prévient la RBC, le taux de chômage devrait demeurer élevé au cours des prochains mois et se situer à 8,7 %, en moyenne, avant de redescendre à 7,8 % en 2011.

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