États-Unis - Le plan républicain pour l'emploi

Washington — Des élus républicains ont présenté hier au président Barack Obama un plan pour l'emploi prévoyant notamment un gel de la hausse des impôts jusqu'à un retour du chômage sous la barre des 5 %, a-t-on appris de source parlementaire.

M. Obama a reçu hier à la Maison-Blanche des élus démocrates et républicains du Congrès pour évoquer la situation économique et la question du chômage, au lendemain de l'annonce de son voeu d'accélérer la reprise du marché de l'emploi grâce à des fonds non utilisés du plan de sauvetage des institutions financières.

Des républicains se sont élevés contre cette utilisation à leurs yeux indue de fonds publics, dont ils estiment qu'ils devraient être reversés dans le budget pour réduire un déficit abyssal de quelque 1300 milliards $US.

Le numéro deux républicain de la Chambre des représentants, Eric Cantor, a présenté hier à M. Obama un «plan pour l'emploi ne coûtant rien», qui prévoit un gel des hausses d'impôt et de certaines dépenses publiques. Le plan préconisé par M. Cantor appelle également à augmenter la production d'énergie sur le sol américain, baisser la fiscalité sur les entreprises, et approuver des accords de libre-échange avec plusieurs pays tiers.

Une «tragédie humaine»

M. Obama a promis mardi de s'attaquer à la «tragédie humaine» du chômage en dopant la reprise grâce aux fonds non utilisés du plan de sauvetage des institutions financières. Il a aussi renouvelé son engagement à réduire de moitié le déficit budgétaire d'ici à la fin de son mandat, début 2013.

Toutes ces mesures doivent être approuvées par le Congrès. Le chef de la majorité démocrate de la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a affirmé mardi qu'un nouveau plan de relance de l'emploi pourrait coûter entre 75 et 150 milliards et un texte de loi pourrait être prêt «dans les 30 à 40 jours».

De son côté, M. Obama a dit espérer pouvoir travailler avec les élus des deux camps pour relancer le marché de l'emploi. «Ce n'est pas un secret, le plan de relance [de 787 milliards promulgué en février] n'a pas bénéficié d'un soutien total des deux partis. Mais j'espère que nous allons pouvoir aller de l'avant ensemble, en reconnaissant que nous partageons la responsabilité de répondre aux défis de l'économie pour tous les Américains», a expliqué le président à l'issue de la réunion.

«Relancer les embauches et la croissance économique n'est pas un problème démocrate ou républicain, c'est un problème américain, qui affecte tous nos concitoyens», a ajouté M. Obama. «Je suis sûr que nous pouvons surmonter nos problèmes économiques, mais il va falloir travailler, coopérer et faire preuve de sérieux ici à Washington. J'espère [...] que les responsables [du Congrès] que je viens de voir penseront la même chose», a conclu le président.

De son côté, M. Cantor a dit avoir entendu M. Obama «répéter que d'une façon ou d'une autre, il nous faut continuer à dépenser de l'argent que nous n'avons pas». «C'est vraiment là où réside la différence entre les deux approches ici à Washington», a ajouté l'élu républicain au micro de Fox News.

Malgré une légère embellie en novembre (10 % contre 10,2 % le mois précédent), le taux de chômage aux États-Unis reste à des niveaux jamais vus depuis le début des années 1980. Le pays est sorti de la récession au troisième trimestre, mais des analystes craignent une reprise très lente du marché de l'emploi.