L'atterrissage «vert» ou le vol plané au service du climat

Dans le cockpit d'un Airbus A321 — À 9000 mètres d'altitude, réacteurs au point mort, l'Airbus amorce une descente silencieuse de 25 minutes en vol plané pour un atterrissage «vert» sur l'aéroport de Stockholm.

En planant à travers le ciel blanc de l'hiver suédois, le commandant de l'A321, Henrik Ekstrand, a épargné 300 litres de kérosène à sa compagnie charter Novair, permettant de réduire les coûts et les émissions de CO2.

La compagnie suédoise a bouclé cette semaine une série de dix vols expérimentaux, les premiers en Europe à combiner un atterrissage moteurs au ralenti avec une approche dite «en courbe», réduisant de plusieurs kilomètres la distance parcourue, hors des habituels longs couloirs aériens.

Ce type d'atterrissage «vert» qui utilise la navigation par satellite est en plein essor dans les pays nordiques et notamment en Suède, sous l'impulsion de la première compagnie scandinave SAS et de l'aéroport international de Stockholm-Arlanda.

«C'est très silencieux, on note vraiment la différence au niveau du bruit. C'est beaucoup plus confortable, sans à-coups», note Mathias Klarowski, un étudiant allemand en aéronautique de 23 ans, invité à bord grâce à son université de Stockholm.

Quelques minutes de plus

Dans une Suède très soucieuse d'écologie, SAS a commencé en janvier 2006, à Stockholm, ces atterrissages à faible consommation de kérosène, qui rallongent de quelques minutes la durée des vols mais qui sont moins coûteux et moins polluants en bruit et en C02.

«Bien sûr, je pourrais voler plus vite», a expliqué Ulf Martinsson, un pilote de SAS. «Mais le gain de l'approche verte vient du fait qu'on va plus lentement», souligne le pilote.

Le type d'atterrissage mené par Novair est plus subtil, car il combine la route plus courte de l'approche par GPS avec un atterrissage moins gourmand.

«C'est le début d'une évolution d'un système fondé sur la réglementation vers un système fondé sur l'efficacité», se félicite Lars Lindberg, président d'Avtech, la société aéronautique suédoise qui dirige le projet.

Depuis juin dernier l'expérience menée sur plusieurs vols commerciaux avec passagers a permis d'économiser en moyenne 165 litres par vol avec divers types d'appareils.

Cette technique, impossible par mauvaise visibilité, favorise également une approche mieux synchronisée, permettant près d'une demi-heure à l'avance de savoir quand l'avion se posera, à une dizaine de secondes près.

L'aéroport international de Stockholm-Arlanda, où plus de 2000 atterrissages «verts» ont été menés depuis janvier 2006 — le plus souvent par SAS — s'est fixé un objectif de 80 % d'atterrissages de ce type d'ici à 2012, afin de réduire les émissions.

Quelque 17 autres compagnies, comme Air France, Nav Portugal, TAP Portugal, Icelandair ou Iberia, ont également mené des essais, selon le Sesar, l'organisme européen chargé de coordonner l'espace aérien en Europe.

Les compagnies aériennes, en difficulté à cause de la crise économique mondiale, sont sous pression pour réduire leurs coûts mais aussi leurs rejets polluants.

Selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), le transport aérien représente 2 % des émissions de CO2 et 13 % des émissions liées au transport, une proportion en constante augmentation.

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