85e congrès annuel de l'Union des producteurs agricoles - L'UPA plaide pour l'achat local

Québec — L'avenir de l'agriculture québécoise passera notamment par une plus grande souveraineté alimentaire, affirme l'Union des producteurs agricoles (UPA).

Seulement le tiers des aliments consommés par les Québécois sont produits au Québec, une proportion qui pourrait augmenter sensiblement si les gouvernements intervenaient davantage, croit le président de l'UPA, Christian Lacasse.

Sur le plan alimentaire, le Québec pourrait facilement être autonome à 50 %, voire davantage, selon lui, et cesser de dépendre d'aliments produits à l'étranger, souvent dans des conditions douteuses.

«Je suis convaincu qu'on est capable de faire mieux», a-t-il dit hier en point de presse, en marge du 85e congrès annuel de l'organisme qui représente les producteurs agricoles, autour du thème «Le pouvoir de se nourrir».

Mais, pour cela, a-t-il plaidé, il faudrait que le Québec se dote d'une véritable politique agricole, depuis longtemps promise, et qu'Ottawa crée de son côté un Bureau des normes de réciprocité, afin de bloquer aux frontières les aliments étrangers qui ne respectent pas les exigences imposées aux producteurs québécois.

Les 425 délégués réunis à Québec auront quant à eux le pouvoir de reporter M. Lacasse à la tête de l'UPA, demain, ou de lui préférer Marcel Groleau, qui dirige la Fédération des producteurs de lait.

Des moyens coercitifs

Pour accroître l'achat local, une revendication de longue date de l'UPA, M. Lacasse croit le temps venu d'exiger des gouvernements «des moyens coercitifs».

«Il y a des produits qui viennent des États-Unis qui traversent nos frontières, produits avec des pesticides qu'on ne peut pas utiliser ici au Canada», a dénoncé M. Lacasse, réclamant l'intervention d'Ottawa.

Cela crée une situation de deux poids, deux mesures, qui pénalise à la fois les consommateurs et les agriculteurs du Québec, fait-il valoir, en jugeant que sa position n'avait rien à voir avec une attitude protectionniste. «C'est juste d'être cohérent», a-t-il soutenu.

Plus tôt, en faisant référence aux accords commerciaux, durant une allocution devant les délégués, il avait aussi plaidé contre la liberté de commerce, une avenue qui mène «à un cul-de-sac», selon lui.

Si ce sont les consommateurs qui ont le dernier mot, le gouvernement du Québec a aussi son mot à dire et doit enfin passer aux actes en rendant publique une politique agricole et alimentaire.

L'achat local et la souveraineté alimentaire doivent être d'autant plus encouragés qu'ils répondent aussi à une préoccupation écologique, a ajouté M. Lacasse.

En consommant des aliments produits près de chez eux, les consommateurs évitent les coûts d'énergie et de transport entraînés par l'importation de produits ayant traversé «3000 à 4000 kilomètres» avant d'atterrir dans leur assiette.

À l'inverse, une plus grande consommation au Québec des aliments produits ici rendrait moins nécessaire l'exportation des denrées québécoises. «Le pouvoir de se nourrir, ça va encore plus loin que la souveraineté alimentaire», selon lui.

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