Haut taux d'infractions dans les FIER

Le rapport du comité chargé de revoir les règles de gouvernance des Fonds d'intervention économique régionale (FIER) sera déposé prochainement, accompagné des observations du vérificateur général. Il faut s'attendre à des conclusions faisant ressortir un taux élevé d'infractions dans ces programmes dédiés au développement économique des régions gérés par Investissement Québec. Par la suite, il appartiendra au gouvernement de changer ou non les règles du jeu. «Nous jouerons ensuite notre rôle de ramener les joueurs sur la patinoire.»

Le gouvernement Charest a dû essuyer le feu nourri de l'opposition au printemps dernier. La tourmente soulevée plaçait les 30 FIERS, et leur enveloppe de 200 millions, au centre d'allégations de conflits d'intérêts pouvant favoriser des sympathisants libéraux. On observait, au passage, que nombre d'entre eux contournaient la règle, réalisant plus de 50 % de leurs placements en dehors de leur région assignée.

Le président et chef de la direction d'Investissement Québec s'attend à ce que le rapport du vérificateur fasse ressortir un haut taux d'infractions. «Le vérificateur est là pour vérifier, pas pour constater. Il n'a pas à faire de nuances. Il doit dire si c'est conforme ou pas.» Jacques Daoust invite à faire la distinction entre commettre l'infraction de rouler à 110 km dans une zone de 100 et de rouler à 50 km dans une zone scolaire, ivre au volant.

Parlant de la tempête du printemps dernier, il dit: «On a souvent tendance à regarder tout cela avec des lunettes de grandes villes. À la limite, de faire du "region bashing" et de voir les choses a posteriori.» Jacques Daoust explique que la dynamique de l'investissement en région est particulière. «Dans certaines régions plus petites, t'investis où? Avec quels entrepreneurs locaux?», soulève-t-il, plaçant l'atteinte de la cible du 50 % sur un horizon de temps, selon les cas.

Il insiste toutefois sur la pertinence de l'objectif de ce programme gouvernemental, qui incite les régions à se prendre en main. «Les gens du milieu sont les mieux placés. Il faut laisser le milieu se prendre en main», ajoute-t-il, citant nombre d'exemples. La situation de conflit d'intérêts devra cependant être abordée. Plus large encore, «le modèle a besoin d'être raffiné». Mais cela relève du gouvernement. «C'est un programme gouvernemental. Ce sont des choix politiques. Notre rôle consiste à appliquer, à corriger la situation, à faire arriver les choses.» Jacques Daoust souligne que les quelque 400 entrepreneurs participants à ce jour ont testé les limites du programme. «Une fois que les choix politiques seront faits, que les règles du jeu seront déterminées, il nous revient de les ramener sur la patinoire.»

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