G20 - À la recherche de la croissance durable

St. Andrews — Les grands argentiers des pays riches et en développement du G20 se sont engagés hier dans de difficiles négociations sur les conditions d'une relance économique durable. Leur hôte britannique souhaitait aussi avancer sur la lutte contre le réchauffement climatique, à un mois et demi du sommet de Copenhague.

Le secrétaire britannique au Trésor, Alistair Darling, qui accueillait le G20 à Saint-Andrews, en Écosse, a mis en garde ses homologues contre la tentation de retomber dans les travers d'avant la crise à la faveur de la reprise. «L'un des plus grands risques est que les gens, les gouvernements, se mettent à penser que c'est bon, que nous pouvons tous nous comporter comme si tout était normal», a-t-il prévenu, souhaitant que les participants restent fidèles à l'approche commune adoptée au plus fort de la crise, aux sommets de Londres en avril et de Pittsburgh, aux États-Unis, en septembre.

Un élan commun

Certains pays parmi les vingt sont sortis de la récession, comme les États-Unis, l'Allemagne et le Japon, et très probablement la zone euro (16 pays, dont l'Allemagne), qui publiera ses chiffres la semaine prochaine. Mais le groupe tente de garder l'élan commun pour voir plus loin que cette amélioration immédiate. La «coopération internationale» seule peut garantir «la croissance, l'emploi et la progression de la prospérité» dans les dix prochaines années, a estimé Alistair Darling.

Les responsables financiers devaient ainsi discuter des plans de relance extraordinaires, dont beaucoup, dont le Royaume-Uni, jugent prématuré de les abandonner, alors que d'autres trouvent qu'ils pèsent trop lourd sur les déficits budgétaires. La Banque centrale européenne a laissé entendre jeudi qu'elle comptait bientôt réduire certains prêts d'urgence consentis aux banques.

Il devait être également question à Saint-Andrews du contrôle de la mise en oeuvre des engagements destinés à réduire les décalages existant entre les vingt en matière d'échanges commerciaux, d'épargne et de consommation, afin d'assurer la stabilité économique mondiale. Et les désaccords sont profonds.

Alistair Darling espère aussi faire avancer les négociations engagées depuis deux ans sur la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. L'échec menace au sommet de Copenhague qui s'ouvrira en décembre pour trouver un accord destiné à succéder à celui du protocole de Kyoto qui expire en 2012. L'Union européenne s'est engagée à prendre «sa juste part» d'un fonds d'aide au financement de la lutte contre le réchauffement climatique pour les pays en développement.

Le G20 comprend l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Grande-Bretagne, le Canada, la France, l'Allemagne, la Chine, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Turquie, les États-Unis et la présidence de l'Union européenne.

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