Les professionnels prévoient de nouveaux records de l'or

Édimbourg — Les professionnels des métaux précieux tablent dans l'ensemble sur de nouveaux records des prix de l'or d'ici un an, alors qu'ils évoluent déjà à des niveaux historiquement élevés, selon un sondage publié hier à l'issue de la grand-messe annuelle du secteur, à Édimbourg.

L'or devrait s'établir à 1181,30 $US l'once fin septembre 2010, selon ce sondage réalisé auprès des participants à la dixième conférence annuelle du marché londonien des métaux précieux, le London Bullion Market.

Cela représenterait pour l'or une progression de 11 % par rapport à ses niveaux actuels. Le métal jaune a en effet touché à la mi-octobre un record historique, à 1070,80 $US l'once, et hier, il se négociait toujours autour de 1060 $US l'once. Il atteignait de nouveaux sommets hier. Sur le marché londonien des métaux précieux, le London Bullion Market, le prix au comptant d'une once d'or a touché 1087,80 $US, du jamais vu. À New York, le contrat à terme pour livraison en décembre, le plus échangé, est monté jusqu'à 1088,50 $US, là aussi un niveau inédit.

Cette projection de prix est la moyenne des réponses obtenues auprès des participants à la conférence, qui donnaient leur réponse à l'aide d'un boîtier électronique.

Cet événement a rassemblé lundi et hier dans la capitale écossaise plusieurs centaines de délégués issus de l'ensemble du secteur, des entreprises minières aux banques et aux maisons de courtage.


L'argent et les autres

Concernant l'argent, les participants se sont montrés prudemment optimistes, tablant sur un prix de 18,10 $US l'once en moyenne, contre autour de 16 $US en ce moment.

L'argent avait touché l'an dernier un record historique à 21,35 $US l'once, suivi d'une dégringolade autour de 9 $US dans la foulée de la crise financière. Il a depuis regagné beaucoup de terrain mais reste coincé depuis deux mois entre 16 et 18 $US.

Enfin, les conférenciers tablent sur une remontée beaucoup plus franche du platine et du palladium, deux métaux dont la valeur est très fortement influencée par les aléas du marché automobile, en raison de leur utilisation dans la fabrication des pots catalytiques.

Ils prévoient ainsi un cours de 1629,10 $US l'once pour le platine, contre moins de 1400 actuellement, et sur une once de palladium à 475,80 $US contre autour de 320 dernièrement. Ces deux métaux resteraient cependant loin de leurs sommets de l'an dernier, quand le platine avait atteint un record historique à 2301,50 $US et le palladium 596 $US, un plus haut depuis l'été 2001.


FMI

Pour l'or, les nouveaux sommets interviennent au lendemain de l'annonce par le FMI qu'il avait vendu 200 tonnes d'or à l'Inde, environ la moitié du total de 403,3 tonnes qu'il prévoit vendre sur plusieurs années pour renforcer ses finances. Cette opération «est neutre d'un point de vue du rapport entre l'offre et la demande, mais elle évacue les inquiétudes sur des ventes ouvertes sur le marché», a expliqué Bart Melek, de BMO Capital Markets.

Une vente massive de métal sur le marché aurait pour effet d'apporter une offre considérable, ce qui pèserait sur les prix. À la place, l'institution multilatérale a effectué l'opération par tranches quotidiennes entre le 19 et le 30 octobre, auprès de la banque centrale indienne. Elle s'est réalisée aux prix du marché et a rapporté 6,7 milliards $US

à l'institution multilatérale.

«L'opération ayant été réalisée hors du marché, elle confirme qu'une grande quantité d'or ne va pas s'y retrouver», ont approuvé les analystes de Barclays Capital. «Plus important encore, cela renforce la perception que les banques centrales asiatiques cherchent à diversifier leurs réserves de devises, et que l'or est leur actif de choix.» L'achat «donne du crédit à l'hypothèse [...] selon laquelle il y a des acheteurs institutionnels qui attendent que d'importantes quantités soient disponibles», a ajouté Bart Melek.

«La question maintenant, c'est qui va acheter le reste de l'or du FMI? Nous pensons que cela pourrait être la Chine, ou d'autres pays asiatiques, la Russie, ou même l'Inde de nouveau», a expliqué l'analyste de BMO Capital Markets. «Ils détiennent peu d'or par rapport à leurs importantes réserves de devises, qu'ils cherchent à diversifier» alors qu'elles sont actuellement surtout constituées de dollars américains.

Depuis ses records du mois d'octobre, le métal jaune n'est plus redescendu au dessous des 1000 $US, un seuil symbolique franchi pour la première fois en mars 2008. Les cours de l'or ont été soutenus ces derniers mois par l'affaiblissement de la monnaie américaine, qui pousse les investisseurs à placer leurs avoirs dans les matières premières pour se protéger d'une perte de valeur de leur capital.

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