Sans-fil - Bell est forcée de s'aligner sur ses concurrents

Prenant acte de l'élimination des frais d'accès au réseau par ses concurrents de l'industrie du sans-fil, Bell Canada aura bientôt une annonce au sujet de ses tarifs, a indiqué hier son président en évitant toutefois de s'avancer dans les détails.

Les deux principaux concurrents de Bell, Rogers et Telus, ont tous les deux aboli ces frais au cours des dernières semaines, bien qu'ils aient parallèlement augmenté le prix de leurs forfaits pour compenser une partie de la perte de revenus.

Les frais d'accès au réseau, qui varient de 6,95 $ à 8,95 $ selon les fournisseurs de sans-fil, se situent à l'extérieur des contrats d'abonnement, cela ayant permis aux compagnies de les augmenter au fil du temps.

Mais avec l'entrée imminente de nouveaux joueurs, qui ont acheté des parties de spectre l'an dernier lors des enchères du CRTC, les grands fournisseurs doivent se préparer à une nouvelle bataille.

«Nous aurons des annonces sous peu à ce sujet-là», a dit George Cope en marge d'une allocution donnée devant le Cercle canadien de Montréal. «Demeurez à l'écoute, parce que nous allons aborder cet aspect de la concurrence.»

Parmi les nouveaux joueurs figurent Globalive, qui doit d'abord modifier sa structure de propriété après un jugement défavorable du CRTC, Vidéotron, qui lancera son propre réseau, et Public Mobile.

Telus, par exemple, a annoncé la semaine dernière qu'elle abandonnait ses frais d'accès au réseau de 6,95 $ et les frais de 75 ¢ pour le service 911. Ses nouveaux forfaits, toutefois, vont augmenter de 5 $ par mois, mais ils seront désormais offerts avec boîte vocale gratuite.

De son côté, Rogers a compensé l'élimination des frais d'accès par de nouveaux «frais réglementaires» qui oscilleront, selon la province, entre 2,46 $ et 3,46 $.

M. Cope, qui a limité à moins d'une minute sa discussion avec les journalistes présents, n'a offert aucun détail sur la stratégie de Bell à ce chapitre.

Recentrage

Dans son discours, M. Cope, qui a pris les commandes de Bell l'an dernier après la tentative ratée de vendre la compagnie à un petit groupe d'investisseurs, a fait l'étalage des mesures prises pour dégraisser une entreprise qui a depuis longtemps la réputation d'être trop grosse et peu flexible par rapport à la concurrence.

Par exemple, la compagnie a fait passer de 17 à 11 le nombre de hauts dirigeants. Au fil des ans, avant son arrivée, l'entreprise alors dirigée par Michael Sabia avait tenté de maximiser ses profits en licenciant des milliers d'employés et en se débarrassant de ses activités jugées non essentielles.

M. Cope a aussi indiqué que le nouveau réseau HSPA de Bell, fait de fibre optique et beaucoup plus rapide, allait prendre son envol le 4 novembre après des années de préparation.

Le nouveau réseau haute vitesse couvrira 93 % de la population canadienne, a affirmé M. Cope en faisant valoir que cela allait régler les problèmes d'accès Internet dans les régions rurales et éloignées.

La semaine dernière, le député Dan McTeague, du Parti libéral du Canada, a estimé qu'«il y a un vrai problème de concurrence qui se reflète dans les prix que les Canadiens doivent payer pour leurs services». «Il faut des gestes concrets pour réduire les prix et améliorer le service Internet et sans-fil, à la fois en ville et en milieu rural.»

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