Audi Q7 - Le diesel de la rédemption

Le Q7 d’Audi en impose: il a l’air costaud, viril, et c’est exactement ce que veut la clientèle cible.
Photo: Audi Le Q7 d’Audi en impose: il a l’air costaud, viril, et c’est exactement ce que veut la clientèle cible.

Vous l'avez sans doute remarqué, les gros véhicules utilitaires sport (VUS) ont rarement droit de cité dans cette page. À l'heure où les questions environnementales préoccupent de plus en plus de gens, au point de devenir des enjeux politiques et sociétaux, ces véhicules énergivores et polluants n'ont pas tellement bonne presse. Entre vous et moi, je ne m'en plaindrai pas: à l'instar de la plupart des chroniqueurs auto, je n'ai jamais compris l'engouement pour les VUS, leurs prétendues qualités étant la plupart du temps surfaites (aspect pratique, habitabilité), quand elles ne sont pas carrément erronées (sécurité). Mais ils étaient à la mode et quand celle-ci impose ses diktats, il n'y a pas grand-chose à faire sinon attendre qu'elle passe. La mode a au moins ça de bon: elle ne dure pas.

Tout ça pour dire que lorsqu'un VUS fait l'objet de cette chronique, c'est parce qu'il est a) petit b) hybride ou c) diesel. Les manufacturiers ont flairé la tendance et certains d'entre eux proposent en effet des motorisations moins énergivores afin de rendre leurs VUS grand format plus fréquentables. Audi a ainsi doté son Q7 d'une motorisation diesel, une solution chère aux constructeurs allemands.

Jouer sur les mots

Qui dit Audi dit traction intégrale, et qui dit VUS dit quatre roues motrices. Malgré cette suite logique, Audi a été la dernière des marques germaniques à s'aventurer sur le terrain des VUS et de leurs dérivés, les multisegments (crossovers). C'est d'ailleurs cette approche qui a été choisie, mais bien malin qui pourra dire la différence entre ça et un VUS traditionnel. À l'oeil, c'est du pareil au même.

Cela dit, le design du Q7 ne fait pas l'unanimité, avec sa calandre massive et son physique imposant. Certains aiment, d'autres pas, et je fais assurément partie du second groupe. Ces gros machins longs comme des autobus scolaires, ça ne me branche pas. Mais le Q7 en impose: il a l'air costaud, viril, et c'est exactement ce que veut la clientèle cible.

Confortable... comme une Audi

Audi a été le premier constructeur allemand à comprendre que sobriété ne devait pas à tout prix rimer avec austérité. Voilà bien 15 ans que les habitacles des véhicules de la marque aux anneaux sont la référence, tant pour la présentation intérieure que pour l'assemblage.

L'ergonomie n'est pas en reste et si les versions plus équipées viennent avec une panoplie de commandes électroniques (GPS, interface multimédia et tout le bazar), ça reste moins compliqué que chez Mercedes ou BMW. Ce n'est pas simple pour autant, mais c'est plus user friendly, comme on dit en France. Audi est également la marque allemande qui a les meilleures chaînes audio et le Q7 ne fait pas exception.

Le confort, lui, est royal, à l'avant comme à l'arrière. Les sièges pourraient très bien trôner dans un salon, tandis que l'habitacle est immense et fort bien insonorisé. Sans parler du confort de roulement, en tout point comparable aux berlines de la marque. C'est tout dire.

Comme ses concurrents, le Q7 joue la carte des sept places. D'où son nom, pensez-vous? Pas si sûr, puisqu'il existait aussi une version cinq places. Notez l'imparfait, car celle-ci a été retirée. Comme bien des véhicules qui prétendent loger sept passagers, il convient de préciser que la troisième banquette peut, au mieux, accueillir des enfants. Parlons plutôt de places d'appoint.

Promesses tenues

La gamme Q7 débute avec un V6 de 3,6 litres (280 chevaux), qui tire bien son épingle du jeu lorsque vient le temps de tirer cette lourde carcasse (plus de 2200 kilos). Évidemment, pour tracter, on se tournera plutôt vers le V8 de 4,2 litres (350 chevaux), plus puissant, mais aussi nettement plus gourmand. L'injection directe a beau réduire la consommation, elle ne fait pas de miracles non plus... Moteur V8 + poids élevé = forte consommation. CQFD.

C'est là qu'apparaît la solution de compromis: un V6 de 3 litres diesel, à injection directe comme les deux autres motorisations, mais suralimenté par un turbocompresseur. Moins puissant que le V6 à essence régulière (225 chevaux), il compense par un couple plus que généreux, supérieur même à celui du V8: 406 lb-pi contre 325. Mieux encore, le couple maximal est atteint à un régime aussi bas que 1750 tours-minute. Ça ne vous dit rien? Sachez que le couple d'une Honda Civic, la voiture la plus vendue au pays, est de 128 lb-pi (à 4300 tr-min). Bon, évidemment, ça ne se compare pas, ce sont des véhicules complètement différents; mais ça permet de se situer.

Ce moteur n'a que des qualités, à commencer par sa consommation, qui tient ses promesses: 13,2 litres aux 100 kilomètres en ville et 8,3 litres aux 100 kilomètres sur l'autoroute, pour une moyenne se situant autour de 10,6 litres, ce qui est conforme, une fois n'est pas coutume, aux chiffres du constructeur. Pour un tel monstre, c'est franchement impressionnant. La liste de ses qualités ne s'arrête pas là: la souplesse et le silence de roulement font tomber tous les préjugés qu'on peut avoir sur les moteurs diesel. De l'intérieur, on ne peut même pas faire la différence avec un moteur à essence. Autre préjugé qui s'envole: la présumée lenteur des engins diesel. Au chrono manuel, nous avons enregistré 9,1 secondes pour effectuer le 0-100 kilomètres-heure.

Du reste, tout ça n'est pas si étonnant, car la marque aux anneaux jouit d'une forte réputation sur le plan technique. Le rendement exemplaire des autres organes mécaniques (transmission, direction, freinage, trains roulants) le confirme.

La différence quattro

Ce savoir-faire technique se vérifie également par le système de traction intégrale quattro, qui demeure la référence absolue dans le domaine. Sous la pluie ou dans la neige, les Audi sont sans égales. Toutefois, n'espérez pas jouer aux aventuriers: le Q7 n'est pas conçu à cette fin, comme en témoigne l'absence de réglages appropriés, notamment une prise basse. Le travail des suspensions impressionne lui aussi: la douceur de roulement évoquée plus tôt n'altère en rien la tenue de route, qui bénéficie de la motricité exceptionnelle du système quattro. Un sous-virage très marqué constitue sa seule lacune, mais ici, le facteur poids a une incidence directe.

Malgré sa hauteur et son poids, le Q7 penche peu en virage et il est assez agile — bien servi, il est vrai, par une direction aussi rapide que précise. Le rayon de braquage est son seul péché, mais encore une fois, vu le format du véhicule, il ne fallait pas s'attendre à des miracles.

Conclusion

Même s'il s'agit d'un gros VUS, le Q7 se fait pardonner grâce à son moteur diesel, qui lui permet d'avoir une consommation comparable à celle d'une berline intermédiaire. Ce qui est moins pardonnable, c'est son prix, gonflé, comme c'est toujours le cas chez les constructeurs allemands, par une liste d'options aussi longue que coûteuse. Sur notre véhicule d'essai, il y en avait pour près de 16 000 $, ce qui est proprement scandaleux. Quant à la fiabilité, elle n'est pas parfaite, voire inférieure aux autres modèles de la marque, selon Consumer Reports. L'achat d'une garantie prolongée doit donc être considéré, à moins que vous n'optiez pour la location.

****

À voir en vidéo