Bruxelles ne compte pas bloquer la vente d'Opel à Magna

Bruxelles — Bruxelles n'a aucune intention de «bloquer» la vente par le constructeur automobile américain General Motors de sa filiale européenne Opel à l'équipementier canadien Magna, a clairement stipulé hier le porte-parole de la commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes.

«On n'a nullement l'intention de bloquer cette opération», a déclaré devant la presse le porte-parole, Jonathan Todd. Le but de la Commission européenne est de «clarifier qu'il n'y a pas de conditions inacceptables imposées sur la disponibilité de l'argent» mis à disposition par l'Allemagne pour sauver les usines Opel (soit 4,5 milliards d'euros d'aide publique), a-t-il précisé.

S'exprimant hier à Strasbourg devant le Parlement européen, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré: «je suis confiant que nous allons trouver une solution». «Nous ne pouvons pas faire des compromis avec les règles du marché européen», a-t-il néanmoins rappelé.

Vendredi soir, la Commission européenne, gendarme de la concurrence dans l'UE, avait indiqué que l'aide promise en août par l'Allemagne n'était pas conforme aux règles de concurrence, car «assujettie» au choix d'un repreneur spécifique (Magna). Cette certitude lui est venue après la lecture de 300 pages de documents fournis par le gouvernement allemand.

Répondant immédiatement à ce reproche, Berlin a écrit samedi à General Motors et à sa filiale Opel pour dire que son aide publique serait disponible quel que soit le choix du repreneur. La Commission souhaite maintenant que GM et Opel prennent position, au vu des nouvelles assurances apportées par le gouvernement allemand.

«Si les entreprises en question confirment leur choix ou font un autre choix, nous serons contents. Car au moins ça sera clair et net que cet argent n'était pas lié au choix d'un investisseur particulier», a commenté le porte-parole de la Commission.

Le constructeur General Motors reste déterminé à conclure la vente de sa filiale Opel à l'équipementier canadien Magna, en dépit des réserves de l'UE, a déclaré son directeur général Fritz Henderson, dans le Financial Times d'hier. «Pour l'instant, nous employons tout notre temps à faire aboutir la transaction», a-t-il dit.