Le fragile équilibre des autobus en région

Québec — Selon le p.-d.g. du groupe Orléans Express, Sylvain Langis, l'arrivée du TGV signerait la fin du transport régional par bus.

« S'ils tuent le trajet Montréal-Québec, ils tuent le service d'autobus en région. Ça veut dire qu'il va falloir de nouveau se tourner vers le gouvernement pour subventionner l'industrie de l'autobus, parce qu'elle n'aura plus les moyens d'assurer le service. »

M. Langis est très clair à ce propos: le trajet Québec-Montréal sert de « vache à lait » aux trajets locaux, « que ce soit en Gaspésie, sur le circuit local entre Québec et Montréal, en Estrie ou en Abitibi ».

Comme on pouvait s'y attendre, il ne ménage pas ses mots pour pourfendre Via Rail. « Depuis 1977, le gouvernement fédéral jette des centaines et des centaines de millions à exploiter ce service-là sans investir dans les infrastructures correctement, dénonce-t-il. S'ils viennent chercher leur bassin de passagers chez nous, on va avoir un problème. »

L'homme d'affaires confirme par ailleurs que le groupe français auquel appartient Orléans Express (Keolis) pourrait vouloir participer à un appel d'offres pour un projet de TGV s'il se réalisait en mode PPP.

Selon lui, le gouvernement pourrait conclure avec des opérateurs de trains des contrats de 8, 10 ou 20 ans. Sans subventions, ces opérateurs seraient forcés d'imposer « des tarifs correspondant à ce que ça coûte », ce qui ne pose aucun problème pour une entreprise comme la sienne « parce que l'écart entre le prix du billet de train et du billet de bus serait assez grand » pour qu'il conserve sa clientèle.