Opel: Bruxelles s'interroge sur l'aide allemande

Bruxelles — La Commission européenne a indiqué hier avoir trouvé des « indices significatifs » que l'aide promise par l'Allemagne au constructeur automobile Opel dans le cadre de son rachat par l'équipementier canadien Magna n'était pas conforme aux règles européennes de concurrence.

« Selon les enquêtes préliminaires de la Commission, il y a des indices significatifs que l'aide promise par le gouvernement allemand à Opel était sujette à la condition préalable qu'un repreneur spécifique, Magna-Sberbank, acquière une majorité des parts » du constructeur automobile, explique-t-elle dans un communiqué. La commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, a écrit au ministre allemand de l'Économie, Karl Theodor zu Guttenberg, pour lui faire part de ses « inquiétudes à ce propos ».

L'Allemagne, qui a piloté la procédure de rachat d'Opel et a imposé son repreneur favori, l'équipementier canadien Magna associé à la banque russe Sberbank, est accusée par d'autres pays européens, Belgique et Grande-Bretagne en tête, d'avoir accordé des aides financières à des fins protectionnistes. Tous les sites allemands semblent en effet sauvés, quand l'usine belge d'Anvers paraît condamnée et que de lourdes suppressions d'emplois sont annoncées dans les usines espagnoles et britanniques.