Moteur de l'avion militaire A400M - Le contrat d'Airbus échappe à Pratt & Whitney

Paris — Le géant européen de l'aéronautique EADS a finalement opté hier en faveur du moteur européen pour le futur avion militaire européen A400M compte tenu de la baisse de prix consentie par le consortium EPI regroupant Snecma (France), MTU (Allemagne), Rolls-Royce (GB) et ITP (Espagne).

Airbus, détenu à 80 % par EADS, devait trancher entre deux candidats: le nord-américain Pratt & Whitney Canada, qui tenait encore officiellement et financièrement la corde il y a une semaine à peine, et le consortium EPI. Les deux candidats «ont tous deux fait d'excellentes propositions. [...] Cependant, nous avons décidé d'opter en faveur du moteur du consortium européen présentant globalement la meilleure solution, compte tenu de l'effort substantiel de prix consenti», a déclaré Manfred Bischoff, président du conseil d'administration d'EADS, cité par le communiqué, sans préciser la baisse de prix accordée.

«Aujourd'hui, Pratt & Whitney est gagnant sans aucun doute», avait déclaré mercredi dernier Noël Forgeard, patron d'Airbus, mais il avait donné une semaine supplémentaire à EPI, en lui demandant de s'aligner sur l'offre nord-américaine. «Une proposition beaucoup moins chère» du consortium européen «pourrait nous faire changer d'avis», avait-il alors ajouté. Le prix proposé par le canadien — deux milliards $US pour les moteurs de 180 A400M en commande — était alors de 20 % inférieur à celui demandé par les Européens, selon M. Forgeard.

La ratification du contrat d'achat de l'A400M devrait intervenir dans les prochaines semaines et débouchera sur les premières livraisons en 2009, a précisé Airbus Military hier soir dans un communiqué.

180 avions

Les engagements d'achat de l'A400M, dont le prix unitaire devait en juin 2001 avoisiner les 85 millions d'euros, portent sur 180 exemplaires par sept pays: l'Allemagne (60), la France (50), l'Espagne (27), la Grande-Bretagne (25), la Turquie (10), la Belgique (7) et le Luxembourg (1).

Si la décision appartenait à Airbus, les États européens préféreraient que les A400M commandés soient jusqu'au bout fabriqués en Europe et contribuent ainsi le plus possible à une activité économique au ralenti. D'autant que l'heure est aux restrictions budgétaires.

La décision d'Airbus intervient en outre dans un contexte marqué par la volonté affichée par le quatuor Allemagne-France-Belgique-Luxembourg de relancer la défense européenne.