Toyota Camry: 45 000 kilomètres de quiétude

Année après année, la Toyota Camry récolte les mentions d’honneur en raison de sa fiabilité exceptionnelle et se maintient dans le peloton de tête au chapitre des ventes.
Photo: Année après année, la Toyota Camry récolte les mentions d’honneur en raison de sa fiabilité exceptionnelle et se maintient dans le peloton de tête au chapitre des ventes.

Dans le segment des berlines intermédiaires, l'un des plus importants en Amérique du Nord, la Toyota Camry est LA référence, et ce, depuis plus de 25 ans. Année après année, elle récolte les mentions d'honneur en raison de sa fiabilité exceptionnelle et se maintient dans le peloton de tête au chapitre des ventes. Au Canada, c'est d'ailleurs la plus vendue de sa catégorie.

Cette fiabilité est non seulement la pierre d'assise de sa réputation (et de celle de Toyota), mais c'est aussi un formidable argument de vente. Pour rouler la tête tranquille, il ne se fait guère mieux. Achat cartésien par excellence, la Camry a souvent été habillée d'une carrosserie, disons, générique... Si cette allure discrète plaisait à certains, d'autres, au contraire, se tournaient plutôt vers d'autres marques à cause de cette trop grande sobriété.

Le choix de mon père

Mon père, avec qui vous avez pu faire connaissance la semaine dernière dans cette page, était de ceux-là: la fiabilité avait beau être son principal critère, il trouvait la Camry trop sérieuse (terme poli pour dire fade). Après des incursions — au demeurant très satisfaisantes — du côté de Honda et de Nissan, il a finalement cédé au charme de la Camry. La raison de ce coup de foudre? Une carrosserie redessinée (2007), qui l'a fait craquer. On dira ensuite que l'apparence d'une voiture est secondaire...

Vous aurez donc compris que la Camry est une voiture que je connais très bien. Grâce à mon père, j'ai pu suivre l'évolution d'un véhicule sur une longue période, ce que ne nous permettent pas nos essais routiers, d'une durée d'une semaine. Voici donc l'occasion de faire un bilan de deux ans et de 45 000 kilomètres, sans compter que j'ai aussi conduit les autres versions de la Camry (V6 et Hybrid).

Assemblage à l'américaine

Avec la disparition du coupé et de la décapotable Solara, la Camry ne se décline plus qu'en une seule configuration, soit une berline à quatre portes. Esthétiquement, on l'a dit, elle a pris du mieux, et ces efforts se perçoivent également à l'intérieur, où l'on s'est efforcé de rendre ça moins terne. De petits détails viennent égayer l'ambiance, de l'éclairage du tableau de bord aux panneaux de plastique de couleur argent.

Du plastique, soit dit en passant, il y en a plus qu'avant dans une Camry et, chaque fois que j'en ai conduit une ces dernières années, j'ai constaté des lacunes d'assemblage: pièces mal fixées, des bruits ici et là... Des choses que l'on ne voyait (et n'entendait) pas dans cette voiture auparavant. Est-ce l'usine du Kentucky qui est en cause?

Ce qui frappe quand on s'installe à bord, c'est l'immensité des lieux. L'habitacle est vaste — c'est le mot — à l'avant comme à l'arrière, et fort bien insonorisé. Confortable, aussi, grâce à des sièges bien rembourrés, mais juste assez fermes, qui procurent un bon maintien. La banquette arrière procure autant de confort. Sachez cependant que, dans la Camry Hybrid, son dossier ne peut s'incliner, en raison de la présence de l'énorme batterie qui sert de moteur d'appoint.

Conformément à la tradition Toyota, l'ergonomie est exemplaire, avec des commandes intuitives et bien placées, ainsi que de nombreux espaces de rangement, logeables et bien situés.

Efficacité mécanique

Le 4-cylindres de 2,4 litres qui motorise la voiture paternelle a été remplacé, cette année, par un 2,5 litres, ce qui s'est traduit par une légère augmentation de la puissance. La boîte automatique a elle aussi gagné un rapport: elle en compte désormais six.

Encore une fois, nous avons là une démonstration convaincante du savoir-faire des motoristes de Toyota pour concevoir des 4-cylindres qui brillent par leur douceur, leur silence de roulement et leur frugalité, sans oublier leur fiabilité légendaire. De plus, leurs performances sont honorables, et ce, même lorsqu'ils sont accouplés à une boîte automatique. Celle-ci effectue un travail irréprochable, en parfaite symbiose avec le moteur. Tout se passe en douceur là aussi, et son rendement a des répercussions sur la consommation, franchement impressionnante: 8 litres aux 100 kilomètres. La version hybride fait encore mieux, mais nous y reviendrons la semaine prochaine.

Le V6 de 3,5 litres a les mêmes qualités que le 4-cylindres et, malgré le surplus de puissance (268 chevaux), il consomme à peine plus. Et ça, mes amis, c'est un tour de force! Ledit V6 se distingue aussi par sa souplesse, que dis-je, son onctuosité, au point que c'est presque trop: c'est un peu mou, un peu de tonus serait le bienvenu. Je cherche des poux? Vous avez raison, d'autant plus que la clientèle cible s'en contrebalance...

Tous les organes mécaniques effectuent un travail remarquable, ce qui, encore une fois, est le propre de cette marque. Les moteurs, les boîtes de vitesses, mais aussi le freinage, puissant et bien dosé. Cela dit, les Toyota ont aussi des défauts. Comme d'habitude, la direction est lente et surassistée, engourdie même, au point de gommer toute sensation. C'est ce qui m'a toujours déplu de la Camry (et de la plupart des Toyota).

Priorité confort

Il y a quelque chose de zen, d'apaisant, à conduire une Camry. La douceur de roulement a fait la réputation de cette berline, et l'on se laisse bercer doucement par le flottement de la suspension, dont l'amortissement a été calibré «ultrasouple». Évidemment, cela cause aussi du roulis, et ceux qui cherchent une conduite plus affirmée, à l'européenne, ne sont pas à la bonne adresse.

Pourtant, ce châssis a du potentiel: la Camry tient bien la route et elle pardonne beaucoup. Qu'importe, puisque la priorité des acheteurs, c'est le confort et, à ce chapitre, ils seront comblés par la Camry.

Conclusion

Trois ans et 45 000 kilomètres plus tard, le bilan de la Camry paternelle est flatteur: aucun ennui mécanique et un service après-vente impeccable. Il faut le souligner, car cela peut varier beaucoup d'un établissement à l'autre, chez Toyota. Cette berline fait exactement ce que l'on attend d'elle, soit de transporter ses occupants du point A au point B sans pépins et, surtout, dans le plus grand confort. Mon père rejoint ainsi la cohorte de propriétaires satisfaits de leur Camry.

La semaine prochaine, le militant environnementaliste Daniel Breton compare la Camry à essence et la version hybride.

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Collaborateur du Devoir

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FICHE TECHNIQUE TOYOTA CAMRY LE

- Moteur : 4-cylindres de 2,5 litres

- Puissance : 169 ch

- 0-100 km/h : 9,8 s

- Vitesse maximale : 190 km/h

- Consommation : 8 litres/100 km

- Échelle de prix : 24 900 $ à 36 040 $