Départ d'Henri-Paul Rousseau pour la Caisse de dépôt - Raymond McManus prend les rênes de la Banque Laurentienne

Le nom de Raymond McManus est sorti du chapeau hier: c'est lui qui dirigera dorénavant les destinées de la Banque Laurentienne et de B2B Trust. Le candidat McManus a été retenu pour son expérience dans le domaine financier, parce qu'il connaît l'entreprise sur le bout de ses doigts et parce qu'il est lui-même un entrepreneur.

Natif du Nouveau-Brunswick, M. McManus habite Montréal depuis la fin des années 60. L'homme de 60 ans succède ainsi à Henri-Paul Rousseau, nommé il y a quelques jours à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il entrera en fonction officiellement le 1er août et compte rester en poste cinq ans, soit jusqu'à sa retraite.


«Mon objectif est de maximiser les profits», a dit M. McManus lors d'une rencontre avec les médias hier après-midi. «Je suis une personne qui aime la compétition. J'aime brasser des affaires. Je suis un entrepreneur.»


Le président du comité des ressources humaines de l'entreprise, Pierre Michaud, a expliqué que Raymond McManus faisait partie du plan de succession permanent depuis deux ans. Il était donc désigné par le conseil d'administration pour remplacer le président s'il lui arrivait un pépin.


Était-ce parce que M. Rousseau voulait partir depuis un certain temps déjà? Non, a vivement répondu ce dernier. «Toute bonne entreprise a un plan de relève et un plan de succession. Si on ne le faisait pas, ce serait mal gérer l'entreprise», a-t-il répliqué.





Sa carrière


Raymond McManus siège au conseil d'administration de la Banque Laurentienne depuis 14 ans. Au cours de sa carrière, il a travaillé à la Banque Royale du Canada de 1960 à 1978 avant de faire partie de l'équipe de direction de la Banque mercantile du Canada jusqu'en 1986.


Depuis, il dirige la société financière Cafa, une firme de consultants spécialisée dans les fusions et les acquisitions d'entreprises. Raymond McManus démissionnera de ce poste le 31 juillet, tout comme il se retirera de tous les conseils d'administration auxquels il siège. «J'ai aussi offert de mettre mes actions en fiducie», a-t-il ajouté.


Le nouveau président a d'abord et avant tout pour mandat d'assurer la continuité. Pour le moment, pas question de partir à la chasse aux partenaires d'affaires ou de dénicher un acheteur, affirme-t-il. «J'entends poursuivre la stratégie de croissance et assurer la rentabilité dans chacun des secteurs où la Banque Laurentienne est présente. Nous avons un bon plan d'affaires. [...] La banque a trouvé des niches qui conviennent bien à sa taille.»


Au premier trimestre, l'entreprise a enregistré une perte de 18 millions, recul attribuable en quasi-totalité à un prêt accordé à Téléglobe. Raymond McManus a qualifié cet épisode d'«accident» et assuré les actionnaires qu'il «n'y aura pas d'autres surprises». Il a cependant ajouté qu'il examinera le dossier de très près.


Quant aux relations tendues entre la direction et ses employés (la Banque Laurentienne est la seule banque canadienne syndiquée et les négociations pour le renouvellement de la convention collective sont houleuses), Raymond McManus a bien pesé ses mots. «Il faut trouver une solution gagnante pour tout le monde.»


Le salaire du nouveau président sera comparable à celui versé à Henri-Paul Rousseau. L'an dernier, le président de la Banque Laurentienne a empoché un salaire de 550 000 $ auquel se sont ajoutées des primes au rendement de 650 000 $ et des options d'achat d'actions. M. McManus détient actuellement quelque 5000 actions de l'entreprise.