Forum «Promouvoir l'avantage compétitif du Canada» - Investir dans la gestion, oui. Mais comment?

Jean-Marie Toulouse
Photo: Jacques Grenier Jean-Marie Toulouse

«Promouvoir l'avantage compétitif du Canada», tel est le thème général d'un forum qui aura lieu à Montréal du 29 septembre au 3 octobre prochain, sous les auspices de l'École des hautes études commerciales. Jean-Marie Toulouse, directeur de l'événement, le présente comme une réflexion sur l'impact du management et de ses disciplines connexes sur l'économie canadienne. Cela étant dit, ce forum, par la diversité et l'actualité des sujets qui seront débattus, risque de devenir fort animé.

Pourquoi organiser un tel forum? Il y a comme point de départ en 2007 le budget Flaherty, ministre fédéral des Finances, qui parlait d'investir dans la discipline de la gestion et de la recherche sur les affaires. Il fallait cependant déterminer la façon d'investir, une mission que le ministre a confiée au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, lequel a eu l'idée de la tenue d'un forum national sur le management. Un appel d'offres a été lancé aux universités canadiennes, et c'est la proposition de HEC qui a été retenue.

Comment traduire l'idée de départ en un événement? M. Toulouse explique qu'il a fallu trouver un élément organisateur et ce fut «Promouvoir l'avantage compétitif du Canada». Pas dans le sens de promotion publicitaire, mais bien celui d'insuffler un dynamisme dans une démarche plus large englobant les personnes, la formation, ainsi que le savoir et l'entrepreneuriat. Le rapport Wilson du groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence, publié en juin 2008, présentait des observations qui ont aidé dans la préparation du forum. Selon ce rapport, les difficultés du Canada en matière de concurrence mondiale s'expliquent en partie par la faible densité de population dans un territoire très vaste, ainsi que par un manque de culture et d'ambition entrepreneuriales. «Le Canada a besoin de chefs d'entreprises plus agressifs et ambitieux, possédant la mentalité voulue pour foncer et gagner au XXIe siècle», y lit-on.

Trois grands champs d'activités

M. Toulouse et son équipe ont structuré ce forum selon trois grands champs d'activités: les fonctions, telles que le management et la comptabilité. En second lieu, il y a les secteurs, notamment ceux de la santé, de l'énergie, de l'environnement, de l'administration publique, des transports et des technologies de l'information (TI). Enfin, il y a les questions transversales, ce qui englobe la gouvernance, l'éthique, la responsabilité sociale. Un atelier traitera de gouvernance et de gestion pour une nouvelle forme de capitalisme. Il y aura une place également dans ce forum pour les organismes sans but lucratif. En somme, il y a un menu considérable et la table sera mise pour des discussions palpitantes.

Pourquoi les transports? À cause précisément de ces immenses territoires au Canada, qui ont été reliés d'est en ouest par les chemins de fer. Aujourd'hui, on parle de TGV, mais aussi beaucoup de transport urbain. Les TI sont devenues une composante importante dans les voies de communication et elles peuvent compter sur des chercheurs solides qu'on va mettre en évidence pendant le forum.

Il va sans dire que la santé, qui est la dépense publique la plus importante au Canada, est un sujet incontournable et pas uniquement pour des questions d'argent, précise M. Toulouse. Il y a aussi le fonctionnement, l'organisation interne dans un hôpital. Il y aura une présentation sur «l'approche Toyota» dans le système de santé, par exemple en appliquant la méthode juste à temps, pour éliminer les inventaires coûteux. On pense aussi à la logistique.

On parlera évidemment beaucoup de la crise économique et financière, dont on n'est pas encore trop certain si on en a vu le commencement de la fin. «Que faire?», se demandera le professeur Yvan Allaire. Il y aura par exemple un atelier sur la gestion des risques financiers des produits structurés, qui aura le professeur George Dionne comme conférencier et comme modérateur Richard Guay, ex-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec et qui agit maintenant comme conseiller stratégique auprès de son successeur. Les produits dérivés feront naturellement l'objet d'un autre atelier, tout comme les questions de réglementation et de tendances dans le système bancaire.

On parlera de comptabilité comme enjeu en matière de gouvernance et de l'interface de celle-ci avec la fraude financière. Les normes d'information financière, l'intérêt public, l'harmonisation internationale des normes de comptabilité et d'audit qui est en cours, sont des sujets d'actualité qui s'inscrivent dans une mouvance de l'ordre financier mondial.

Pour réchauffer la salle, si l'on peut dire, on a invité, comme conférencier à la séance d'ouverture, John Micklethwait, rédacteur en chef au journal The Economist, qui a publié cette année un livre qui ne passe pas inaperçu. God Is Back parle bien sûr de religion, mais en montrant que la religion et les affaires font bon ménage, particulièrement aux États-Unis. L'auteur parle même de «pastorpreneurs» et de certaines églises qui fonctionnent comme des groupes multinationaux. On peut résumer le tout en disant que «les religions s'accaparent des concepts qu'on développe en gestion».

Pour clore le forum, on a invité Arlene Dickinson, une entrepreneure en marketing et chef de la direction de Venture Communications. Elle est aussi covedette de l'émission Dragon's Den de la CBC. On attend environ 300 personnes à ce forum multidisciplinaire et multisectoriel, qui s'adresse aux chercheurs en affaires, aux praticiens dans les secteurs privé et public et aux gestionnaires d'OSBL. Les conférenciers viendront du Canada, des États-Unis et d'Europe.

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