Commission parlementaire sur l'avenir de la RRQ - La FTQ plaide pour un régime universel de retraite

La FTQ est d'avis qu'il y a lieu d'amorcer au Québec une réflexion sur l'instauration d'un régime universel de retraite comme il en existe dans plusieurs pays d'Europe. Et le ministre de l'Emploi de la Solidarité sociale, Sam Hamad, est d'accord.

«On va réfléchir là-dessus», a déclaré au Devoir Sam Hamad, le ministre responsable de la Régie des rentes du Québec (RRQ), qui reconnaît que les «pressions majeures» qui s'exercent sur les régimes de retraite privés à prestations déterminées alimenteront cette réflexion. Le ministre a toutefois prévenu que mettre en place un régime universel de retraite, «c'est très ambitieux».

À l'heure actuelle, la RRQ verse environ 25 % des revenus que gagnaient les Québécois avant leur retraite. Le programme fédéral de la sécurité de la vieillesse fournit une part variable des revenus des retraités, selon leur situation financière. Pour quelqu'un qui gagnait 40 000 $ par an au moment de sa retraite, par exemple, cette part se situe à 10 %. Les retraités qui gagnaient 40 000 $ touchent donc de l'État 35 % de leur revenu de salariés. Le reste provient des régimes privés: les régimes à prestations déterminées, les régimes à cotisations déterminées (mais à prestations indéterminées) et enfin les régimes enregistrés d'épargne-retraite. Typiquement, un régime universel pourrait fournir entre 50 et 70 % des revenus que gagnaient les retraités.

Sonner l'alarme

Devant la commission parlementaire qui se penche sur l'avenir de la RRQ, le secrétaire général de la FTQ, René Roy, a sonné l'alarme en soulignant les menaces qui pèsent sur les régimes à prestations déterminées. C'est la formule classique des régimes de retraite: le retraité est assuré d'une rente viagère déterminée. Aujourd'hui, ce type de régime est offert surtout aux employés de la grande entreprise et à ceux du secteur public.

Nombre d'employeurs veulent maintenant abandonner ce type de régime, qu'il faut fortement capitaliser, et le remplacer par un régime à cotisations déterminées, qui s'apparente à un REER collectif. C'est ce que La Presse, par exemple, veut imposer à ses employés.

«C'est très inquiétant. On est en train de perdre la bataille aux tables de négociation», a révélé René Roy. «On l'a perdue dans la construction et on l'a perdue chez Bell Canada.» Les obligations de capitalisation des régimes à prestations déterminées sont telles que les entreprises qui sont soumises à des pressions économiques cherchent à les abandonner, a expliqué M. Roy. «Même pour le secteur public et pour la FTQ, c'est problématique», fait valoir René Roy. La solution consisterait donc à remplacer les régimes privés et les régimes du secteur public par un régime universel administré par la RRQ. «Ce n'est pas demain la veille qu'on va réussir ça», a concédé René Roy.