Après l'accord aux États-Unis - UBS respire mais s'attend à une nouvelle perte

Le siège social d’UBS à Zurich
Photo: Agence Reuters Le siège social d’UBS à Zurich

Zurich — L'annonce d'un accord à l'amiable entre les autorités américaines et UBS apporte une bouffée d'oxygène à la banque suisse, à quatre jours de la publication de ses résultats trimestriels.

L'établissement zurichois n'a pas fait mystère de ses perspectives de résultats au deuxième trimestre, en annonçant fin juin une perte nette imputable aux charges sur ses crédits et en raison de la restructuration de ses activités. Les analystes interrogés par l'agence financière AWP tablent sur une perte de 1,5 milliard de francs suisses (982 millions d'euros).

UBS pourrait cependant avoir passé le plus dur, après avoir supprimé 8700 emplois en avril.

L'accord à l'amiable négocié hier aux États-Unis, où UBS est accusée d'avoir aidé de riches américains à échapper au fisc, devrait apporter une bouffée d'oxygène au groupe.

«Les parties ont trouvé un accord sur des points essentiels», a déclaré le représentant du fisc américain Stewart Gibson, lors d'une audience avec le juge fédéral Alan Gold en charge du dossier. «Sur la base de cet accord de principe, la Suisse [...] négocie maintenant avec les États-Unis les détails de la conciliation», a précisé le ministère suisse de la Justice.

«Nous devons et voulons résoudre ce problème, non seulement pour UBS mais aussi pour la place financière» helvétique, a martelé le président et ministre suisse des Finances Hans-Rudolf Merz, dans un entretien à la télévision publique SF1.

Le principal problème d'UBS demeure cependant l'érosion de sa réputation, en raison des pertes massives dans le «subprime», mais aussi à cause des démêlés judiciaires aux États-Unis, l'un des pays les plus importants pour son activité.

La justice américaine exige de connaître l'identité de 52 000 clients américains anonymes dont les comptes «offshore» pourraient receler quelque 14,8 milliards de dollars. «Ce qui va être important, c'est de savoir si et combien de données bancaires [d'UBS] vont être transmises» aux autorités américaines, a estimé un analyste zurichois.

Mais une amende, que la presse suisse a estimé entre trois et cinq milliards, pourrait lourdement peser sur la comptabilité du groupe.

La fin du litige, qui retarde la guérison du géant bancaire, «ne va pas résoudre d'un coup tous les problèmes», a souligné M. Venditti, mais l'annonce d'un accord représente «un pas important pour regagner la confiance fortement endommagée des clients».

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