Standard & Poor's est moins inquiète pour la Caisse de dépôt

Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement
Photo: Jacques Nadeau Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement

Standard & Poor's a maintenu la cote triple A accolée à la Caisse de dépôt. L'agence new-yorkaise a revu à la hausse ses perspectives pour la Caisse, après s'être inquiétée des pratiques de gestion de risque de l'institution québécoise au lendemain du dévoilement d'une perte de près de 40 milliards.

Dans son communiqué, la Caisse de dépôt et placement du Québec s'est réjouie hier des conclusions du rapport de l'agence d'évaluation Standard & Poor's, qui réaffirme sa cote la plus élevée, soit AAA, déjà reconduite en février dernier. Toutefois, dans l'intervalle, l'agence a fait passer sa perspective de «sous observation négative» à «tendance stable», retirant ainsi son inquiétude manifestée au lendemain du dévoilement des résultats financiers de la Caisse.

«Pour la Caisse, cette décision de Standard & Poor's est d'autant plus importante dans un contexte où plusieurs institutions financières ont été décotées par les agences de notation de crédit», a commenté le président et chef de la direction, Michael Sabia

La Caisse fait ressortir du rapport de S&P que l'agence souligne, «entre autres, les mesures prises pour stabiliser l'équipe de direction et mentionne les efforts déployés en matière de gestion des risques. Elle estime également que la capacité de la Caisse à remplir ses obligations financières est extrêmement solide».

Confirmation

En juin dernier, l'agence de notation Dominion Bond Rating Services (DBRS) avait également confirmé la cote AAA de la Caisse, ainsi que les cotes R-1 (élevé) à court terme et AAA à long terme de la filiale CDP financière, avec une tendance stable.

En mars, l'agence Moody's avait, pour sa part, fait écho aux interrogations de S&P en renouvelant également sa cote de la Caisse tout en exprimant également sa préoccupation à l'égard des pratiques de gestion du risque. L'agence n'était pas sans faire allusion à l'exposition de la Caisse aux papiers commerciaux adossés à des actifs.

«Moody's considère que la concentration et le risque sont supérieurs à ce qu'on aurait pu attendre de la Caisse», écrivait l'agence, sans toutefois craindre pour les déposants «étant donné le gros coussin protecteur que constituent les dépôts des contributeurs».

La Caisse venait de terminer un exercice 2008 avec une perte de 39,8 milliards, le pire résultat en 40 ans d'histoire. Ce résultat équivalait à un rendement négatif de -25 %, soit une performance beaucoup plus dramatique que la perte médiane de 18,4 % affichée par l'ensemble des grandes caisses de retraite au Canada.

Depuis, la Caisse de dépôt s'est dotée d'un numéro deux, Roland Lescure, à titre de chef des Placements de l'institution. Recruté en France, l'économiste de formation a retenu l'attention par la prudence d'une approche qui lui a permis d'éviter le piège des produits structurés et du marché immobilier américain, avait-on souligné à larges traits lors de sa nomination.