Washington ferme la porte à un nouveau plan de relance

Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Timothy Geithner, a précisé que les mesures prévues dans le plan de relance américain «porteront leur effet maximal sur l’économie au second semestre».
Photo: Agence Reuters Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Timothy Geithner, a précisé que les mesures prévues dans le plan de relance américain «porteront leur effet maximal sur l’économie au second semestre».

Washington — Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Timothy Geithner, a estimé hier que la relance de l'économie américaine suivait «le cours prévu», laissant entendre que le gouvernement ne compte pas demander de rallonge pour soutenir l'activité d'ici à la fin de l'année.

Certains programmes de ce plan ont été mis en oeuvre, mais les mesures prévues «porteront leur effet maximal sur l'économie au second semestre», a souligné M. Geithner lors d'une audition devant deux commissions parlementaires.

Le président américain Barack Obama a promulgué en février un plan de relance budgétaire doté de 787 milliards sur trois ans. Constitué pour un peu plus d'un tiers d'allégements fiscaux, le reste de dépenses publiques, ce plan a pour ambition de sauver ou créer 3,5 millions d'emplois.

Mais depuis son lancement, l'économie américaine a supprimé plus de deux millions d'emplois, et l'activité a continué de baisser, faisant craindre à certains qu'une rallonge soit nécessaire pour sortir l'économie de l'ornière alors que le déficit public américain explose.

Ces craintes avaient été amplifiées au point de faire baisser fortement Wall Street mardi, après les propos tenus par une conseillère économique de M. Obama, Laura Tyson, qui avait estimé que les États-Unis pourraient avoir besoin d'un second plan de relance se concentrant sur des travaux d'infrastructures. Dès le lendemain, le numéro deux des services du budget de la Maison-Blanche, Rob Nadors, démentait que la présidence envisage de demander une rallonge au Congrès. «Ce sur quoi nous sommes concentrés actuellement, c'est mettre en oeuvre le plan de relance que le Congrès a déjà adopté et faire le mieux possible avec les dollars que vous nous avez confiés», avait-il déclaré à des parlementaires.

Hier, M. Geithner a rappelé que le chômage n'était pas le meilleur indicateur de la santé de l'économie dans la mesure où il va continuer de monter même une fois la croissance revenue, comme c'est le cas après toute récession.

Conscient que les effets du plan de relance mettront du temps à se faire sentir, M. Obama a appelé à plusieurs reprises ses compatriotes à faire preuve de patience et de confiance depuis le début du mois de juin.

Même si de l'avis général l'économie américaine devrait renouer avec la croissance d'ici à la fin de l'année, il faudra selon M. Obama «un temps considérable» pour sortir définitivement de la crise.

Le président a par ailleurs estimé fin juin qu'il n'y avait pas besoin de nouvelles mesures de relance en l'état actuel des choses, un avis partagé par 84 % des 51 économistes interrogés par le Wall Street Journal pour sa dernière enquête de conjoncture mensuelle, publiée jeudi. Selon cette enquête, 53 % des économistes interrogés estiment que le plan de relance a aidé «un peu» l'économie mais que «le plus gros de son effet est encore à venir».

Du fait des délais nécessaires pour lancer les travaux d'infrastructures rendus possibles par la loi de relance, la plus grande partie des dépenses qu'elle prévoit pour 2009 n'a pas encore été engagée.

Le gouvernement espère d'ailleurs que les effets de la relance budgétaire se feront surtout sentir à partir de 2010 et qu'ils soutiendront ainsi une croissance encore fragile.