Les salariés de British Airways rejettent les propositions de la direction

Londres — Les employés de la compagnie aérienne britannique British Airways (BA) ont rejeté en masse hier les propositions de la direction, qui prévoit des milliers de suppressions d'emplois et un gel de salaire pour faire face à une situation financière difficile.

Quelque 2000 salariés de l'entreprise se sont prononcés lors d'une réunion à l'aéroport d'Heathrow. La compagnie avait fixé la date du 30 juin pour parvenir à un accord sur les gels de salaires et sur les 3700 suppressions d'emplois qu'elle souhaite, outre les 2500 déjà effectuées depuis juin 2008. Faute d'accord, une réunion entre la compagnie, les syndicats et le conciliateur Acas aura lieu demain.

Si la conciliation n'aboutit pas, la compagnie, déjà en mauvais état financier, risque d'être perturbée par des grèves estivales.

Les syndicats reprochent entre autres à la compagnie d'avoir annoncé le mois dernier que 6940 de ses 40 000 employés s'étaient dits volontaires pour des baisses de salaires, du travail à temps partiel ou des congés non payés, parmi lesquels 800 avaient accepté de travailler gratuitement pendant une période allant jusqu'à un mois.

Les syndicats avaient estimé que les cadres avaient pu obliger les employés à signer, ce qu'a démenti la compagnie. Selon les syndicats, les employés avaient reçu un courriel leur enjoignant d'accepter une des options souhaitées par la direction, ou de s'en expliquer auprès de leurs responsables.

BA a fait une perte nette de 375 millions de livres (440 millions d'euros) sur l'année achevée le 31 mars.

Le conflit actuel concerne essentiellement le personnel de cabine et le personnel au sol, la compagnie ayant trouvé en juin un accord avec les pilotes, qui ont accepté des baisses de salaires et des suppressions d'emplois en échange d'un programme de versement d'actions gratuites.