Ban Ki-moon veut une réforme des institutions financières internationales

«Les institutions mondiales créées il y a plusieurs générations doivent être rendues plus responsables, plus représentatives et plus efficaces», a déclaré hier le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.
Photo: Agence France-Presse (photo) «Les institutions mondiales créées il y a plusieurs générations doivent être rendues plus responsables, plus représentatives et plus efficaces», a déclaré hier le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

New York — Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à une réforme des institutions financières internationales, hier à l'ouverture d'une conférence sur les moyens d'aider les pays pauvres à surmonter la crise économique mondiale.

«Les institutions mondiales créées il y a plusieurs générations doivent être rendues plus responsables, plus représentatives et plus efficaces», a déclaré M. Ban aux représentants de quelque 120 États membres. «Nous devons oeuvrer ensemble à la réforme des règles et des institutions mondiales.»

Le secrétaire général a souligné que le monde était «toujours aux prises avec la pire crise financière et économique mondiale depuis la création des Nations unies il y a plus de 60 ans».

La conférence de trois jours vise à «identifier les réponses à apporter dans l'urgence ainsi qu'à long terme afin d'atténuer l'impact de la crise, notamment sur les populations vulnérables», selon son initiateur, le très tiers-mondiste président de l'Assemblée générale de l'ONU, le Nicaraguayen Miguel d'Escoto.

Les pays en développement, soit la majorité des 192 États membres de l'ONU, arguent qu'ils paient au prix fort les conséquences d'une crise créée par le monde développé.

M. Ban a relevé qu'à son initiative, les dirigeants des 20 principales économies du monde (G20) avaient adopté, lors d'un sommet à Londres en avril, un paquet d'aide financière de 1100 milliards de dollars, payable par le Fonds monétaire international (FMI) et d'autres organismes d'aide multilatérale, pour aider les pays, notamment en développement, à faire face à la crise pendant cinq ans.

Affirmant que «les bonnes intentions doivent se traduire en actes concrets», M. Ban a indiqué avoir écrit aux dirigeants des huit pays les plus industrialisés (G8), demandant «des engagements concrets et des actes précis».

Mais la vice-présidente du Zimbabwe Joice Mujuru a déclaré que le G20, contrairement à l'ONU, est «exclusif» et a appelé au renforcement du rôle de l'Organisation mondiale et de son organe économique, le Conseil économique et social (ECOSOC).

«Nous estimons que les problèmes affectant les pays en développement ne reçoivent pas l'attention qu'ils méritent au G20», a-t-elle dit. «Les Nations unies sont le forum approprié pour parvenir à des solutions globales à cette crise».

La conférence réunit des représentants de quelque 120 pays, avec une forte coloration latino-américaine et caraïbe. Les présidents de l'Équateur et du Venezuela, Rafael Correa et Hugo Chavez, étaient en principe attendus, mais n'étaient pas encore à New York hier.

L'Iran, qui devait envoyer un vice-président, devrait finalement être représenté par son ambassadeur à l'ONU.

De nombreux pays occidentaux ont dépêché des délégations de niveau modeste, signe d'un évident manque d'intérêt.

La Grande-Bretagne a cependant dépêché son ministre pour l'Afrique, l'Asie et l'ONU, Mark Malloch Brown. «Pour nous hôtes du dernier G20 [et à son] actuelle présidence, il était très important que cette réunion ne soit pas un échec», a-t-il dit à des journalistes avant la rencontre.

Un échec de la conférence affaiblirait «tout cet effort pour que la communauté mondiale aille dans la même direction en termes de lutte contre la crise», a ajouté M. Malloch Brown.