Le gouvernement américain veut «sauver les marchés de leurs excès»

Washington — Le gouvernement du président Barack Obama veut sauver les marchés de leurs propres excès, et non se substituer à eux, a déclaré hier Larry Summers, conseiller économique de la Maison-Blanche.

«Notre objectif n'est pas de supplanter ou de remplacer les marchés», a déclaré M. Summers, lors d'un discours prononcé à New York devant le Conseil des relations internationales, alors que se multiplient les accusations d'étatisme au sein de l'opposition et du monde de la finance. «L'objectif est plutôt de les sauver de leurs propres excès et, à l'avenir, d'améliorer la protection de notre système économique basé sur le marché», a-t-il ajouté, répétant que le gouvernement avait volé au secours de grandes entreprises menaçant de s'écrouler par «nécessité et non par choix».

«Barack Obama a fait campagne pour rendre aux États-Unis la place qui est la leur dans le monde, réformer notre système de santé, amener le pays à l'indépendance énergétique et préparer nos enfants à une économie du XXIe siècle [...], pas pour diriger des banques, des compagnies d'assurances ou des constructeurs automobiles», a-t-il dit. Chaque intervention du gouvernement dans l'économie «va dans le sens des principes» de l'économie de marché «plutôt qu'à leur encontre», a-t-il estimé.

M. Summers a par ailleurs estimé que la politique du gouvernement semblait «avoir eu nombre de ses effets escomptés». Aujourd'hui «nous sommes dans une situation bien différente» d'il y a trois mois, où aucune bonne nouvelle ne venait de l'économie, a-t-il dit.

Si les destructions d'emplois ne doivent pas être minimisées, elles se font à un «rythme deux fois plus lent qu'il y a quelques mois [...], la confiance des consommateurs s'améliore», et on a pu observer «de fortes performances de la plupart des marchés financiers», a-t-il ajouté.

Néanmoins, a-t-il jugé, «nous ne pouvons pas nous permettre d'être trop confiants» tant les défis restent nombreux.

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