Laurentides - Lac Mirabel subit les contrecoups de la crise économique

Lac Mirabel, dont les coûts sont évalués à plus de 450 millions de dollars au départ, vise la mise en place de la plus importante destination de commerce de détail écologique au Canada. Ce complexe de magasinage intérieur et de divertissement, qui prendra forme sur un terrain d'une superficie de 14 millions de pieds carrés (330 hectares), tarde à voir le jour pour cause de financement. Le point sur la situation et la description d'un vaste ensemble commercial et récréatif.

En avril 2009, Sheldon Gordon, directeur américain du futur complexe, a annoncé son ouverture pour le printemps de 2010. Entre-temps, les soubresauts de l'économie ont sonné la fin des activités sur des espaces réservés au déploiement d'un imposant chantier. Louis Prud'homme, directeur général de la Ville de Mirabel, se penche sur ce dossier: «Le projet est suspendu temporairement. Il n'y a rien qui est en construction sur le plan des bâtiments. Pour notre part, on poursuit notre planification tout autour du site, parce que celui-ci n'est pas abandonné.»

Il explique pourquoi: «Les promoteurs ont quand même investi jusqu'à maintenant 80 millions de dollars dans ce projet; ils ont déboursé 40 millions de dollars pour l'achat du terrain et ils ont aussi fait "tasser" une ligne hydroélectrique de 735 kilowatts qui passait en plein centre de celui-ci, pour la déplacer plus au nord. Il y a donc des dépenses majeures qui ont été consenties.» Entre-temps, la Ville prépare les structures d'accueil de cet espace: «Le site est mis en valeur et, dans ce but, on est en chantier depuis l'été dernier pour construire un échangeur face à cet endroit-là, afin d'avoir une sortie au kilomètre 28 de l'autoroute des Laurentides, directement en face du projet.» En fonction d'un protocole d'entente, Mirabel est le maître d'oeuvre de ces travaux réalisés conjointement avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) et la Ville de Blainville.

Il se prononce sur la date de reprise de la construction du centre commercial et récréotouristique: «Ça peut être cet automne ou le printemps prochain. Les promoteurs recherchent du financement et, dans le contexte de la crise économique pendant laquelle les banques se sont montrées pas mal plus froides, celui qui leur était largement assuré a été retiré.» Il dépeint l'état actuel du projet: «Il n'y a encore rien du côté des fondations ou de quoi que ce soit d'autre. Le terrain a été préparé, déboisé et nivelé; la ligne électrique a également été déplacée à l'été de 2008.»

Un jour, peut-être...

Lac Mirabel

Les sceptiques demeurent sur leurs gardes au sujet de l'avenir réservé à ce projet ambitieux, qui accusait déjà un retard d'un an et demi avant même les déboires causés par les remous économiques. Gordon Group, de Greenwich (Connecticut), promoteur de ce centre commercial récréatif, continue pour sa part d'assurer que ce dernier sera construit. Gordon Group Holding a notamment réalisé le centre commercial The Forum Shop at Caesar's, dans l'hôtel où se produisait Céline Dion (le Caesar's Palace). Pour l'instant, voyons comment le projet se présente sur papier.

Le complexe Lac Mirabel sera situé dans le corridor Montréal-Laurentides, à 42 kilomètres du centre-ville de la métropole, là où circulent quotidiennement, à proximité du site, 120 000 véhicules par jour. Celui-ci est placé sur la route de Mont-Tremblant, qui connaît actuellement une autre phase de développement et qui accueille annuellement quatre millions de visiteurs.

Dans le cadre de ce projet, des boutiques de classe internationale, des hôtels de luxe, des installations pour le ski de fond, la pêche et le patinage, un parc aquatique, un spa d'inspiration européenne, un cinéma et un centre multisports adjacent seront érigés sur un terrain de 14 millions de pieds carrés.

La construction de cet ensemble entraînera l'embauche de 3500 travailleurs et la création de quelque 6000 à 8000 emplois pour son exploitation. Un investissement initial de 475 millions de dollars est prévu pour aménager un espace commercial sur les premiers 1,8 million de pieds carrés de terrain. Environ 2,6 millions de pieds carrés seront réservés à des activités de magasinage et de loisir et à la construction d'un complexe de divertissement multisports. La prévision d'a-chalandage annuel sur l'ensemble des espaces est établie à 20 millions de personnes.

Il est prévu que le centre sera bâti en plusieurs étapes par de nombreux entrepreneurs; celui-ci prendra graduellement forme sur une période de sept ans et l'investissement total pourrait atteindre 1,2 milliard de dollars au terme de cette période.

Un centre commercial cabriolet

Lac Mirabel poursuit des objectifs écologiques. C'est ainsi que le site sera parsemé de lacs et de rivières et que les milieux humides seront préservés; environ 65 des 330 hectares de terrain seront dotés d'un réseau de canaux pour arriver à cette fin. La géothermie sera utilisée pour maintenir la température des lieux à des niveaux confortables. Toutefois, les artères commerciales ne seront pas climatisées ou chauffées; il fera froid l'hiver et chaud l'été, au gré des saisons québécoises et des caprices du temps.

Les promoteurs se proposent d'implanter des stratégies écologiques durant les différentes étapes de la construction du centre. De la sorte, ils veulent encourager les futurs locataires d'espaces à adopter des comportements «verts» quand le temps sera venu d'exploiter leurs commerces et leurs lieux récréatifs.

Voilà. Il reste maintenant à savoir quand les différentes idées couchées sur papier se matérialiseront sur le terrain, dans des conditions économiques plus favorables.

***

Collaborateur du Devoir

À voir en vidéo