Le temps du «Québec en avant» serait venu

Le port de Montréal
Photo: Pascal Ratthé Le port de Montréal

Des projets pour le Québec? Oui!, répond la Fédération des chambres de commerce. Et de soutenir un site dans la Toile pour faire la promotion d'une telle idée.

Nous venons de traverser une longue période, dont la durée s'étale sur deux décennies en fait, où le mot d'ordre de tous les ordres de gouvernement s'exprimait par une simple formule: «Déficit zéro». Et, pendant ce temps, dans un univers «parallèle», dans le monde privé, et surtout au sud de nos frontières, l'argent, ou le papier qui le représente, volait tous azimuts pour permettre, souvent ailleurs qu'en nos frontières, fusions et acquisitions.

Et ce, jusqu'au jour où... Et alors, la Caisse de dépôt eut à faire part de mauvaises nouvelles. Et les banques devinrent des prêteuses frileuses. Et le marché de l'emploi enregistra plus de demandes que de postes à offrir. Et ainsi de suite, en ces jours qui virent se concrétiser une crise économique, la plus forte en 80 ans.

Dans un tel contexte, il faut toutefois réagir car, si rien n'est fait, à la faillite des sociétés succédera la faillite de toute une société. Au Québec, la Fédération des chambres de commerce croit d'ailleurs que, pour conserver une qualité de vie en la «Belle Province», le temps des grands projets est venu. Et qu'il faut aussi faire connaître au plus grand nombre les mérites économiques de diverses initiatives qui ont cours sur tout le territoire québécois.

Ainsi est né dans la Toile un portail qui a une identification simple: www.quebecenavant.ca.

Changer les choses

Tous souhaitent que les choses bougent. Regardez d'ailleurs les campagnes électorales et constatez que qui se présente, qui souhaite se faire élire, n'a que le mot «changement» en bouche, de «Il faut que ça change», qui a marqué l'histoire contemporaine du Québec, à «Yes we can», qui a permis l'élection à la présidence aux États-Unis d'un premier métis, toutefois toujours un Noir pour les citoyens de notre Sud.

Mais si l'on veut ce changement, on craint toutefois que les réalisations qu'il entraîne ne modifient le quotidien, ne transforment l'environnement et n'imposent l'adoption d'autres façons de faire. Au Québec, il est ainsi devenu difficile de «changer» quoi que ce soit sans qu'une série de revendications contraires à un projet se matérialisent. Et, précise Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce, quand elle revient sur les causes qui expliquent l'abandon de projets comme le Suroît et le déménagement du Casino de Montréal: «Nous avons fait une analyse sur la possibilité économique ratée et regardé le traitement dans les médias, pour nous rendre compte que l'information concernant les possibilités économiques était très peu mise en valeur, alors qu'une place beaucoup plus importante avait été accordée aux opposants à ces projets.»

Qu'une opposition à un projet s'exprime, cela, pour la présidente, irait de soi, mais que l'immobilisme s'installe fait toutefois craindre pour l'avenir, surtout en regard de la vitesse où notre monde va. Car, dans un même temps, tous ou presque s'entendent sur le fait qu'il est toujours nécessaire de revitaliser le secteur de Pointe-Saint-Charles, voire d'engranger des profits en permettant une augmentation de la production énergétique.

Agir en régions

Dans ce site quebecenavant.ca, le Québec a ainsi été perçu dans son ensemble et la province y est présentée par région administrative, là où s'inscrivent en succession autant de projets qui relanceraient l'économie locale, tout en permettant de donner au Québec un nouvel élan en cette période économique «grise».

À Montréal, on parle ainsi de tripler la capacité du port. Dans les Laurentides, on se félicite de l'action conjointe que mènent Bombardier et Pratt & Whitney, ces deux entrepreneurs de pointe qui utilisent l'aéroport de Mirabel comme lieu d'implantation de nouvelles usines dédiées au développement de l'industrie aéronautique. Et, sur la rive sud de Montréal, où on espérait beaucoup de l'arrivée d'un train léger qui aurait relié la Montérégie à la métropole, on ne peut que se désoler du fait que la décision que doit prendre la Société des ponts fédéraux limitée sur l'avenir du pont Champlain renvoie à beaucoup plus tard tout projet d'une nouvelle voie d'accès qui eût été à la fois attrayante et justifiée par sa nécessité.

Trois régions, quatre projets ici nommés. Et ils ne représentent cependant pas l'ensemble des initiatives en cours. Si un détour par Internet en fera découvrir plus encore, et ce, pour ces seules régions, sachez aussi qu'une municipalité comme Montréal en ajoute à la liste, son «Montréal technopole» entre autres, tout comme Longueuil défend un ajout au réseau du métro actuel.

Et plus encore

Ainsi, la Fédération des chambres de commerce peut dire qu'elle agit pour que «ça change», s'associant même à ce journal pour en faire la promotion. Mais ce n'est qu'un début. On aura à revenir pour faire le tour du Québec. Et peut-être aussi sur les régions déjà nommées, ne serait-ce que pour faire le point.

Si le Québec a connu ses «crises», d'abord dans le secteur manufacturier, puis dans le secteur des forêts, si ici aussi on subit encore, toutefois avec un effet moins dévastateur, les contrecoups de la situation économique mondiale, il ne serait cependant point utile d'abandonner. S'il faut des projets et si, lors de leur dévoilement, certains s'opposent, il faudra toutefois être capable de mettre en relation le pour et le contre ou de voir comment des modifications apportées à une idée originale permettront un gain économique et surtout un «développement durable»: ce qui se produit quand l'économique, la qualité écologique et la culture fonctionnent de pair.

Au prochain Québec en avant, donc.

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