Allégeance des travailleurs de la construction - Les syndiqués restent fidèles

Peu de travailleurs de la construction sont allés voter pour déterminer le taux de représentativité de leurs associations syndicales.
Photo: Jacques Grenier Peu de travailleurs de la construction sont allés voter pour déterminer le taux de représentativité de leurs associations syndicales.

En général, les travailleurs de la construction sont satisfaits de leur allégeance syndicale, puisque plus de 90 % des 125 803 votants potentiels n'ont pas voté, ce qui est interprété comme un geste de fidélité. Le taux de participation a été de 8,6 %, en baisse de 2,3 %. La période de maraudage et le scrutin se sont déroulés sans aucune violation des règles, en dépit d'une crise médiatique qui s'est abattue sur la FTQ-Construction.

Le taux de représentativité des associations syndicales dans l'industrie de la construction va demeurer sensiblement le même pour les trois prochaines années, à la suite du scrutin tenu les 4, 5 et 6 juin dernier sous la surveillance de la Commission de la construction du Québec (CCQ). La FTQ-Construction demeure en tête de peloton avec un taux de 42,9 %, en baisse de 0,97 % sur le vote obtenu en 2006, mais à moins de changements à la loi, ce ne sera pas elle qui dirigera les négociations prévues dans 11 mois pour le renouvellement des conventions collectives, puisque les quatre autres organisations syndicales s'unissent pour obtenir une majorité de 50 % plus un.

Richard Goyette, directeur général de la FTQ-Construction, s'est dit «satisfait de ce résultat, étant donné la mauvaise presse» dont cet organisme syndical a été l'objet au cours des derniers mois. En fait, il a accusé les médias d'avoir mené «un complot» contre la FTQ-Construction et d'avoir «présenté une description erronée de ce qui s'est passé». Il a expliqué les visites de la police dans les locaux de la FTQ-Construction par l'analogie suivante: «Si l'épouse de votre voisin se fait assassiner, peut-être que la police va venir vous voir.» Quoi qu'il en soit, M. Goyette a mentionné que son organisation syndicale a quand même «eu le temps de faire le point» avant la tenue du vote. La baisse de près de 1 % peut, selon lui, être considérée comme normale, puisqu'à chaque élection, on constate des variations de 1 à 2 %.

D'ailleurs, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (international) voit aussi son taux de représentativité régresser légèrement, soit de 0,902 %, et demeure au second rang avec 26,09 %. La CSD-Construction conserve le troisième rang avec un taux de 14,12 %, en hausse de 0,11 %. La CSN-Construction suit, avec un taux de 10,57 %, en hausse de 0,008 %. Enfin, le Syndicat québécois de la construction demeure en quatrième position avec un taux de 6,31 %, mais c'est lui qui obtient la plus forte hausse, soit de 1,76 %.

André Ménard, président-directeur général de la CCQ, a affirmé que la période de maraudage qui a précédé le vote et le scrutin lui-même s'était déroulée de façon impeccable. «Toutes les règles du jeu ont été respectées», a-t-il dit. M. Goyette a renchéri en disant que les quatre associations syndicales rivales ont été impeccables dans le contexte de crise médiatique dans laquelle la FTQ-Construction s'est retrouvée.

Ceci étant dit, la FTQ-Construction n'apprécie aucunement se retrouver à l'écart de la prochaine table de négociations, avec un taux de représentativité proche de 43 % de l'ensemble des travailleurs de la construction au Québec. M. Goyette a clairement indiqué que les choses n'en resteraient pas là. «Tout le patronat est représenté à la table des négociations. Pourquoi ce n'est pas le cas du côté syndical?» Il faut donc s'attendre à la poursuite d'interventions à ce sujet dans les semaines à venir.

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