15e Conférence de Montréal - Des réformes sont urgentes, dit Carney

Les gouvernements et les banques centrales doivent s'atteler de toute «urgence» à la tâche de mettre en place les nouvelles règles et institutions nécessaires à un retour à la «normale» de l'économie mondiale, estime le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

Les pouvoirs publics n'avaient pas le choix d'intervenir à coups de plans de relance économique et de mesures de stabilisation des marchés financiers de plusieurs milliards afin d'éviter le pire dans cette crise mondiale, a déclaré hier le banquier lors d'un discours présenté dans le cadre de la quatrième et dernière journée de la 15e Conférence de Montréal. Des signes d'amélioration commencent à se faire sentir, même si le chemin serait encore long avant que les acteurs privés aient fini de remettre de l'ordre dans leurs affaires.

«Mais cette situation n'est pas normale», a noté Mark Carney plus tard en conférence de presse. À terme, le secteur public devra retourner aux acteurs privés la responsabilité d'assumer des risques «ordinaires», comme l'échange d'actifs financiers, le financement du marché immobilier ou encore l'offre de garanties aux acheteurs d'automobiles. Mais pour que ce retour à la normale se fasse, a-t-il dit, «il y a urgence» que certaines réformes soient mises en place.

Sus aux parasites

Les principaux pays doivent d'abord convenir qu'il est de la responsabilité de tous de prévenir l'apparition de grands déséquilibres structurels et accepter de se soumettre à des mécanismes de surveillance internationale. Le gouverneur a rappelé dans son discours «les trajectoires explosives» que suivaient les États-Unis et la Chine avant l'éclatement de la crise, les premiers portant sur leur dos l'économie mondiale en consommant à crédit, alors que la seconde jouait sur ses taux de change et offrait ce crédit pour vendre ses produits. «Étant donné la récession profonde et synchronisée en cours à l'échelle mondiale, les coûts engendrés par le parasitisme devraient être évidents pour tous», a déclaré Mark Carney.

La Banque du Canada voudrait aussi que l'on accroisse la transparence des marchés financiers. Afin d'y réduire à l'avenir des mouvements de prix extrêmes, elle dit entre autres envisager la mise sur pied de chambres de compensation et la standardisation des produits dérivés. Elle ajoute finalement que l'imposition de nouvelles règles macroprudentielles aux banques les aiderait à maintenir des niveaux de capitalisation leur permettant de mieux faire face à une nouvelle crise.

«Tout indique que le Canada devrait être parmi les premiers pays à mettre en oeuvre [ces] mesures, a observé dans son discours Mark Carney. Grâce à un tel leadership, nous pouvons participer à la création d'une mondialisation plus responsable et plus résiliente.»

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