Libre-échange: Uribe se fait rassurant

Le président colombien Alvaro Uribe a voulu rassurer tous ceux qui doutent des bienfaits d'un accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie: il n'y a aucune contradiction entre l'ouverture de son économie et la protection des emplois locaux des travailleurs. «Pour moi, la façon de protéger les emplois locaux, c'est par les investissements directs étrangers (IDE). Sans accord de libre-échange, il est impossible d'attirer les investissements. Et en absence d'IDE, on ne peut pas s'attendre à ce que l'économie locale prospère», a dit M. Uribe, lors d'un point de presse qui a suivi la conférence qu'il a donnée au Forum économique international des Amériques à Montréal.

Pour lutter contre le narcotrafic, qu'il reconnaît ne pas avoir complètement éradiqué, le président de la Colombie a réitéré qu'il est important d'avoir un plan de sécurité démocratique «sur le long terme», qui, s'il bénéficie des ressources nécessaires, donnera des résultats. Selon lui, le plan Colombia contre le commerce de la drogue, financé en grande partie par des pays étrangers, dont les États-Unis, en est un bon exemple. «Tous les pays devraient aider, car en tant que consommateurs, ils sont coresponsables du narcotrafic», a-t-il souligné en appelant à davantage de soutiens.

Interrogé sur le grand nombre d'organisations qui, au Canada et aux États-Unis, s'opposent au traité de libre-échange et critiquent son gouvernement pour le non-respect des droits humains, il a répondu en vantant un bilan positif, chiffres à l'appui. «Quelque 4000 personnes ont été séquestrées en Colombie l'an dernier, et cette année, il y en a eu 197. Il y a déjà eu jusqu'à 35 000 assassinats par année en Colombie. L'an dernier, il y en a eu 17 000, et cette année on devrait encore fait état d'une petite réduction», a fait remarquer M. Uribe. Il a même fait état d'une augmentation du tourisme passé de 500 000 à trois millions de visiteurs.

«Oui, on sanctionne les violations des droits humains, mais nous devons avoir la force de défendre nos soldats et nos policiers qui ont fait de grands efforts pour libérer les Colombiens du terrorisme», s'est-il défendu.

En marge du point de presse, plusieurs manifestants, qui faisaient le pied de grue dehors à côté d'une poignée de partisans, semblaient vivement en douter. À l'intérieur de la salle de conférence, au moment où Alvaro Uribe allait prononcer son allocution, une voix discordante s'est élevée. L'homme, qui avait apparemment voulu aborder la question des droits humains dans ce pays, aura à peine eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il était aussitôt mis dehors.

À voir en vidéo